RĂ©ponse(1 sur 8) : Il faut apprendre Ă  vous connaĂźtre en faisant une liste de vos qualitĂ©s et une liste de vos dĂ©fauts Ă  corriger si vous l'avez fait correctement et sincĂšrement les critiques passeront au second plan attention Ă  ne pas ĂȘtre orgueilleux sinon retour Ă  la case dĂ©part Laculture permet Ă  l'homme de s'Ă©lever au-dessus de lui-mĂȘme. La culture est une aspiration Ă  la libertĂ©, elle suppose un recul par rapport aux Ă©vĂ©nements, aux hommes et aux Lesmanipulateurs ont bien compris les 4 lois sociales, ces 4 lois auxquelles chacun d’entre nous obĂ©it : confiance, rĂ©ciprocitĂ©, empathie et collaboration. A travers ces 4 lois, les manipulateurs essaient de diriger nos dĂ©cisions et nos actes. Pour en tirer eux-mĂȘmes profit. Le manipulateur sait que vous respectez ces lois. Etapesde l’argumentation : 1. La conscience de soi est un acquis. 2. Elle s’acquiert premiĂšrement par la rĂ©flexion. 3. Elle s’acquiert deuxiĂšmement par l’action de l’homme sur le monde. 4. Cette façon d’acquĂ©rir la conscience de soi est accessible aux enfants mĂȘme si elle s’effectue sur le mode spontanĂ© ( exemple du jet de pierres dans l’eau ) desinterprĂ©tations Ă  l'hermĂ©neutique du soi de Soi-mĂȘme comme un autre, RicƓur se distingue Ă  chaque fois par un double rejet - l'auto-position d'une conscience immĂ©diate ou d'un moi souverain, d'un cĂŽtĂ©, la dissolution pure et simple du sujet, de l'autre - et par une mĂȘme affirmation: le soi se construit par une longue et patiente interprĂ©tation de ce qui ne lui ActionFaite De Soi-MĂȘme Sans RĂ©flexion Solution. RĂ©ponses mises Ă  jour et vĂ©rifiĂ©es pour le niveau CodyCross Arts Culinaires Groupe 138. Solution. Action faite de soi-mĂȘme sans qqPQ0Md. Lorsque Marguerite Yourcenar publie MĂ©moires d'Hadrien en 1951, elle est dĂ©jĂ  l'auteure de poĂšmes, de romans, de nouvelles ou de traductions. C'est pourtant le succĂšs de cet Ă©tonnant ouvrage qui lui permet d'accĂ©der Ă  une forme de notoriĂ©tĂ©. Ce livre qui a touchĂ© bien des lecteurs nous entraĂźne dans une Ă©poque en apparence Ă©loignĂ©e de la nĂŽtre. Voyant la mort approcher, l'empereur Hadrien revient dans une longue lettre sur son existence et sur les traces qu'il a laissĂ©es dans l'Histoire. En nous plongeant dans les mĂ©andres d'une conscience, Marguerite Yourcenar parvient Ă  faire du je » un miroir aux multiples reflets. Il s'agit ainsi sans cesse de se voir soi-mĂȘme comme un autre », pour reprendre le titre d'un cĂ©lĂšbre ouvrage du philosophe Paul À la rencontre d'un empereur romainVoyages‱ MĂ©moires d'Hadrien nous propose de nombreux voyages. Animula vagula blandula », Varius multiplex multiformis », Tellus stabilita » SĂŠculum aureum » Disciplina augusta » et Patientia » ces mots latins qui servent de titres Ă  chacune des parties nous rappellent que cette lettre est Ă©crite par un Romain dont la voix fictive traverse les siĂšcles. Ces seuils nous annoncent que nous avançons vers un monde qui n'est pas tout Ă  fait le nĂŽtre. Il n'est donc pas Ă©tonnant qu'Hadrien Ă©voque un ensemble d'Ă©lĂ©ments propres Ă  son Ă©poque. Il loue ainsi les mĂ©rites de l'esclavage, tout en se montrant attentif Ă  la condition des esclaves. Il s'attarde frĂ©quemment sur le systĂšme politique de l'Empire romain. Il s'Ă©tonne par exemple que les municipes souvent plus antiques que Rome soient si prompts Ă  renoncer Ă  leurs coutumes, parfois fort sages, pour s'assimiler en tout Ă  la capitale ».‱ Marguerite Yourcenar parvient donc Ă  Ă©clairer le lecteur sans jamais lui offrir de lourds exposĂ©s. Son Ă©rudition et son travail de reconstitution historique sont d'autant plus impressionnants qu'ils ne sont jamais exhibĂ©s. C'est tout naturellement, en somme, que l'empereur Ă©voque son quotidien. Il nous offre des dĂ©tails parfois triviaux, qui peuvent aussi bien concerner la cuisine que les vĂȘtements. Marguerite Yourcenar se garde toutefois de sombrer dans le pittoresque. Chaque Ă©lĂ©ment composant ce tableau doit venir se fondre harmonieusement dans un vaste ensemble.‱ Le statut d'Hadrien l'amĂšne en outre Ă  voyager et Ă  passer de longs moments loin de Rome. Il est lui-mĂȘme, confie-t-il, poussĂ© par [son] goĂ»t du dĂ©paysement ». Par son regard, nous pouvons ainsi goĂ»ter aux charmes d'AthĂšnes, qu'il apprĂ©cie tout particuliĂšrement. Marguerite Yourcenar nous offre donc ici toute une sĂ©rie de voyages, dans le temps comme dans l' narrateur complexe‱ C'est aussi dans une conscience que le lecteur est invitĂ© Ă  voyager. Hadrien ne compte pas seulement donner des nouvelles de sa santĂ© et informer des progrĂšs de [son] mal », comme il le note lui-mĂȘme rapidement Je me propose maintenant davantage j'ai formĂ© le projet de te raconter ma vie. » Il ne masque pas Ă  son lecteur les dĂ©tails de son parcours politique, de son caractĂšre ou encore de sa vie amoureuse. Il ne se met alors pas nĂ©cessairement en valeur. Certes, il sait se montrer capable de patience, de douceur et de clairvoyance. Mais l'ancien soldat peut aussi devenir dur et violent, comme lorsqu'il s'agit de punir des traĂźtres ou de chĂątier des peuples qui se soulĂšvent contre Rome. Il lui arrive ainsi de cĂ©der Ă  diffĂ©rents mouvements d'humeur. C'est notamment le cas lorsqu'il s'en prend Ă  son secrĂ©taire agacĂ©, il lui donne un coup et oublie qu'il tient un style », c'est-Ă -dire un poinçon permettant d'Ă©crire. Il lui crĂšve alors un Ɠil, et regrette aussitĂŽt ce geste qu'il ne pourra jamais rĂ©parer.‱ Le statut d'Hadrien en fait par ailleurs un personnage singulier, comme il le constate lui-mĂȘme TantĂŽt ma vie m'apparaĂźt banale au point de ne pas valoir d'ĂȘtre, non seulement Ă©crite, mais mĂȘme un peu longuement contemplĂ©e, nullement plus importante, mĂȘme Ă  mes propres yeux, que celle du premier venu. TantĂŽt, elle me semble unique, et par lĂ  mĂȘme sans valeur, inutile, parce qu'impossible Ă  rĂ©duire Ă  l'expĂ©rience du commun des hommes. » Hadrien est Ă  la fois un homme comme les autres et un ĂȘtre unique ». Il est agitĂ© par les Ă©lans ou les passions qui nous animent, mais il jouit d'un statut qu'il est, de son vivant, le seul Ă  connaĂźtre. Sa complexitĂ© en fait un mystĂšre, et c'est aussi pour mieux se comprendre qu'il prend le temps d'Ă©crire cette longue À la rencontre de l'autreDu je » au tu »‹ Le choix de la forme Ă©pistolaire impose un mode de communication bien particulier. Marguerite Yourcenar ne propose pas un roman polyphonique et elle ne fait entendre qu'une seule voix, celle de l'empereur Hadrien. Cependant, mĂȘme rĂ©duit au silence, le destinataire de la lettre joue un rĂŽle capital. Le jeune Marc AurĂšle, destinĂ© Ă  devenir un jour empereur, est souvent Ă©voquĂ© dans les diffĂ©rentes parties de l'ouvrage. Il est le premier lecteur, certes fictif, de cette lettre, comme nous le rappellent de nombreuses marques de la deuxiĂšme personne. Hadrien formule ainsi des conseils, des mises en garde ou des demandes, comme dans cet extrait de Disciplina augusta » je fis durant ce dernier sĂ©jour Ă  l'armĂ©e une rencontre inestimable je pris pour aide de camp un jeune tribun nommĂ© CĂ©ler, Ă  qui je m'attachai. Tu le connais ; il ne m'a pas quittĂ©. [
] Je te recommande CĂ©ler il a toutes les qualitĂ©s qu'on dĂ©sire chez un officier placĂ© au second rang ».‱ Ce choix d'Ă©nonciation est capital. Plongeant dans sa conscience et son existence, Hadrien ne s'enferme pas dans un exercice solitaire. Son projet n'a de sens que s'il rencontre cet autre qu'est le destinataire du texte. Marguerite Yourcenar rappelle par ailleurs qu'on Ă©crit toujours pour ĂȘtre lu, et que le lecteur, mĂȘme silencieux, joue toujours un rĂŽle important, aussi bien au moment de la crĂ©ation que de la pouvoirs de l'altĂ©rité‹ Hadrien rĂ©alise lui-mĂȘme que nous existons aussi par le regard de l'autre. C'est ainsi qu'il observe, avec anxiĂ©tĂ© d'abord, puis avec sĂ©rĂ©nitĂ©, l'image que Rome renvoie de lui. Certains personnages recomposent le sens de son existence et anticipent le travail, en somme, de tout lecteur. C'est notamment le cas au dĂ©but de Patientia » Arrien comme toujours a bien travaillĂ©. Mais, cette fois, il fait plus il m'offre un don nĂ©cessaire pour mourir en paix ; il me renvoie une image de ma vie telle que j'aurais voulu qu'elle fĂ»t. [
] Vue par lui, l'aventure de mon existence prend un sens, s'organise comme dans un poĂšme ».‱ L'empereur existe par les autres, mais aussi pour les autres. Tout au long de l'ouvrage, Hadrien reste attachĂ© Ă  l'idĂ©e d'utilitĂ©. L'adjectif utile » revient souvent dans sa lettre, comme dans cet extrait D'admirables bonnes volontĂ©s se groupĂšrent autour de moi ; la petite troupe Ă©troitement intĂ©grĂ©e Ă  laquelle je commandais avait la plus haute forme de vertu, la seule que je supporte encore la ferme dĂ©termination d'ĂȘtre utile. » De mĂȘme, Ă  la fin de sa vie et de sa lettre, puisque les deux finissent par se rejoindre, il constate que tout reste Ă  faire ». Il ajoute, pour bien marquer le lien qui l'unit Ă  l'Empire et donc aux autres hommes La boĂźte aux dĂ©pĂȘches de PhlĂ©gon, ses grattoirs de pierre ponce et ses bĂątons de cire rouge seront avec moi jusqu'au bout. »III. À la rencontre de soiReflets‱ On aurait tort de penser que les mots d'Hadrien ne concernent que l'Empire romain. Marguerite Yourcenar fait souvent en sorte que le lecteur puisse construire des ponts entre cette lettre et le xxe siĂšcle. Si Hadrien est un chef militaire, qui ne refuse pas la guerre lorsqu'elle s'avĂšre nĂ©cessaire, il s'attache aussi Ă  pacifier les rapports que Rome entretient avec d'autres peuples. Il n'est pas animĂ© par un appĂ©tit de conquĂȘtes, mais par la volontĂ© de consolider les frontiĂšres de l'Empire pour mieux l'apaiser.‱ Ce n'est pas un hasard si cette volontĂ© fait Ă©cho avec le contexte dans lequel Marguerite Yourcenar a imaginĂ© ces mĂ©moires. CommencĂ© avant la Seconde Guerre mondiale, ce projet a Ă©tĂ© abandonnĂ© de 1939 Ă  1948. Marguerite Yourcenar y revient Ă  une Ă©poque oĂč il est prĂ©cisĂ©ment question de reconstruire un monde ravagĂ© par la guerre. Avec une forme d'optimisme, qu'elle pourra se reprocher des annĂ©es plus tard, elle fait de la volontĂ© d'Hadrien un refuge et un espoir pour l'avenir. Cet Ă©lan anime l'ouvrage et son auteure, comme cette derniĂšre le souligne dans ses notes de travail si cet homme n'avait pas maintenu la paix du monde et rĂ©novĂ© l'Ă©conomie de l'Empire, ses bonheurs et ses malheurs personnels m'intĂ©resseraient moins ».Du Je au Nous‱ Il faut se garder, comme beaucoup l'ont fait hĂątivement, de considĂ©rer Hadrien comme le double de l'auteure. D'une part, cette confusion rĂ©duit la figure de l'empereur Ă  une vie qui n'a pas Ă©tĂ© la sienne. D'autre part, elle amĂšne Ă  se mĂ©prendre sur l'ambition de Marguerite Yourcenar, qui est tout autre. GrossiĂšretĂ© de ceux qui vous disent "Hadrien, c'est vous" », dĂ©plore-t-elle dans les notes qui accompagnent MĂ©moires d'Hadrien, avant d'ajouter cependant Tout ĂȘtre qui a vĂ©cu l'aventure humaine est moi ». Nul paradoxe dans l'association de ces deux affirmations mais, au contraire, une profonde cohĂ©rence. La voix de l'auteure doit s'effacer derriĂšre celle de son personnage pour que le lecteur puisse s'y reconnaĂźtre et pour qu'il retrouve, derriĂšre le je » de l'intimitĂ©, les contours d'un nous » beaucoup plus universel.‱ L'auteure s'attache ainsi Ă  dĂ©crire des Ă©preuves que chaque homme doit affronter. La perte de l'ĂȘtre aimĂ©, qui ravage Hadrien, n'est pas directement liĂ©e Ă  son statut chaque ĂȘtre humain peut en faire l'expĂ©rience. Il en va de mĂȘme pour les joies du quotidien, pour la contemplation d'un paysage, pour le plaisir des souvenirs, pour la souffrance, pour la maladie et, en dĂ©finitive, pour la mort. Avant de se taire, le personnage clĂŽt sa lettre sur ces mots, qui peuvent toucher bien des lecteurs TĂąchons d'entrer dans la mort les yeux ouverts ».Exemples pour la dissertation les enjeux du parcours– Blade Runner de Ridley Scott, 1982L'action se situe Ă  Los Angeles, en 2019, sachant qu'Ă  la sortie du film, il s'agit d'une projection de quarante ans dans le futur. Rick Deckard, qui s'Ă©tait retirĂ© de la police, accepte une mission consistant Ă  retrouver une bande de rĂ©plicants des machines biologiques Ă  l'apparence humaine créées Ă  partir de manipulations gĂ©nĂ©tiques. Ces derniers ont pris conscience que leur temps de vie avait Ă©tĂ© volontairement limitĂ© et entreprennent de trouver leur crĂ©ateur pour qu'il modifie ce paramĂštre. Ce sont des ĂȘtres particuliĂšrement puissants et peut sembler Ă©tonnant de rapprocher un roman ayant pour cadre l'AntiquitĂ© romaine et un film de science-fiction. Les parallĂšles sont pourtant nombreux, et fĂ©conds, car les questions philosophiques qui animent les deux Ɠuvres se rejoignent rĂ©guliĂšrement. La quĂȘte des protagonistes, dans le film, consiste, dans un contexte scientifique et futuriste, Ă  s'interroger sur le rĂŽle qu'ils ont Ă  jouer sur terre, la place qu'ils accordent Ă  leurs sentiments et la prise de conscience de la fuite du temps. Les rĂ©plicants sont en rĂ©alitĂ© des crĂ©ations de l'homme vouĂ©es Ă  l'aider dans les tĂąches les plus ingrates ce sont, en somme, des esclaves du futur, ce qui peut aussi ĂȘtre mis en parallĂšle avec la relation qu'Hadrien construit avec Antinous. Mais l'acquisition de la conscience les entraĂźne Ă  en vouloir davantage aux hommes, ils empruntent la capacitĂ© Ă  se poser des questions et le dĂ©sir de changement quant Ă  leur du personnage principal rejoint aussi la thĂ©matique du parcours, Soi-mĂȘme comme un autre Deckard, qui revisite la figure traditionnelle du dĂ©tective hĂ©ritĂ©e du film noir caractĂšre ombrageux, solitude, cynisme, brutalitĂ©, penchant pour l'alcool, se confronte Ă  l'autre, Ă  savoir la crĂ©ature artificielle ayant pourtant toutes les caractĂ©ristiques de l'ĂȘtre humain. Son histoire d'amour avec une rĂ©plicante et l'Ă©change qu'il aura avec le chef de leur bande achĂšveront de lui ouvrir les yeux sur leurs questions communes. Ses propres doutes et son angoisse quant au sens de son existence rejoignent la quĂȘte des rĂ©plicants. Quand ces derniers cherchent leur concepteur pour exiger un dĂ©lai de vie supplĂ©mentaire, on y dĂ©cĂšle clairement la mĂ©taphore de l'humanitĂ© prenant conscience du caractĂšre Ă©phĂ©mĂšre de son existence. Blade Runner reprend ainsi Ă  son compte la cĂ©lĂšbre phrase de Montaigne, qui expliquait que philosopher, c'est apprendre Ă  mourir ».– Hana-bi de Takeshi Kitano, 1997Japon, dans les annĂ©es 1990. Yoshitaka Nishi quitte la police pour se consacrer Ă  son Ă©pouse, atteinte d'une maladie incurable, et presque muette depuis le dĂ©cĂšs de leur enfant. Il a dĂ» au prĂ©alable effectuer un braquage de banque pour rembourser des yakusas auprĂšs desquels il avait une dette. Alors qu'il part en voyage avec son Ă©pouse, il est poursuivi par ces mĂȘmes mafieux qui dĂ©sirent lui soutirer davantage d'argent, et d'anciens collĂšgues de la police qui le suspectent du vol Ă  main armĂ©e. Le rĂ©cit suit aussi en parallĂšle le destin d'un autre policier rendu paraplĂ©gique Ă  la suite d'une fusillade, et qui, restĂ© seul chez lui, se met Ă  la film aborde donc la question de la maladie et de l'affaiblissement du corps Les personnages sont forcĂ©s de faire face aux Ă©vidences les plus cruelles un homme ne retrouvera jamais l'usage de ses jambes, un autre doit se prĂ©parer Ă  perdre son Ă©pouse. La philosophie trĂšs singuliĂšre qui se dĂ©gage du rĂ©cit pourrait paraĂźtre extrĂȘmement pessimiste, tant la mort rend visite Ă  chacun, et le suicide est abordĂ© comme la meilleure des solutions. C'est pourtant une ode d'une grande poĂ©sie, qui prend soin de saluer la beautĂ© du monde et des Ă©vidences les plus simples de la vie. Dans son dernier voyage, le couple laisse le temps passer, visite les lieux les plus emblĂ©matiques du Japon comme le mont Fuji, savoure le fait d'ĂȘtre ensemble et, d'une certaine maniĂšre, retrouve l'innocence de l'enfance par les jeux ou le violence du monde reste une rĂ©alitĂ©, et Kitano mĂ©lange de maniĂšre assez originale le film de gangsters et le drame psychologique l'emprunt Ă  un certain genre cinĂ©matographique est une façon, pour lui, de mettre en image ses tourments. Le rĂŽle donnĂ© Ă  la crĂ©ation artistique est d'ailleurs central dans le film le collĂšgue paralysĂ© s'adonne ainsi Ă  la peinture pour exorciser sa douleur, et ses toiles, d'une grande candeur colorĂ©e, jalonnent le film par leur beautĂ©. On pourra donc Ă©voquer cette Ɠuvre comme l'illustration d'une philosophie trĂšs diffĂ©rente de celles de l'Occident, par un autre regard sur la possibilitĂ© du suicide, envisagĂ© d'une façon beaucoup plus sereine, aprĂšs des adieux apaisĂ©s au Corpus soi-mĂȘme comme un autreL'ouvrage du philosophe Paul RicƓurCette formule fait rĂ©fĂ©rence Ă  un ouvrage philosophique paru en 1990 dans lequel l'auteur interroge l'identitĂ© en faisant dialoguer diffĂ©rentes traditions et reprĂ©sentations du moi. Regard portĂ© sur soiLa rĂ©flexion peut porter sur l'identitĂ© personnelle du personnage et l'identitĂ© narrative. De quelle maniĂšre la construction de soi maintient-elle une forme de permanence ? En quoi peut-elle Ă©voluer en fonction du temps soit par diffĂ©rence soit par reconnaissance ? Les romans autobiographiques invitent Ă  rĂ©flĂ©chir sur la construction de soi comme personnage, par l'analyse du regard que l'auteur porte sur lui-mĂȘme regard implacable de Michel Leiris sur son corps, dans L'Âge d'homme ; bilan de l'Ă©volution physique de la jeunesse Ă  la vieillesse chez Marguerite Duras, dans L'Amant ou sur sa trajectoire personnelle Dans Les MĂ©moires d'une jeune fille rangĂ©e, Simone de Beauvoir montre comment elle se dĂ©tache progressivement de l'Ă©ducation morale et religieuse reçue.Construction de soi en lien avec autrui et avec la sociĂ©tĂ©Les conventions sociales influencent l'itinĂ©raire d'un personnage, la construction de son identitĂ©, que ce soit en conformitĂ© avec le dogme sociĂ©tal La Princesse de ClĂšves, Mme de Lafayette ou en opposition avec lui la folie de Don Quichotte, CervantĂšs.Les Ă©preuves façonnent Ă©galement le personnage de roman. Elles peuvent rĂ©vĂ©ler son courage et sa vaillance Roland dans La Chanson de Roland, et inviter au dĂ©passement de soi face Ă  l'adversitĂ© et Ă  l'injustice Claude Gueux, Victor Hugo.Le personnage peut Ă©galement se retrouver au cƓur de conflits historiques. L'Histoire permet alors au personnage de prendre sa place dans la sociĂ©tĂ©. Le personnage Ă©volue dans l'horreur et l'absurditĂ© de la guerre Ferdinand Bardamu dans Voyage au bout de la nuit, CĂ©line, il risque parfois sa vie pour dĂ©fendre une cause, comme le font les aviateurs français pour dĂ©fendre la libertĂ© du peuple espagnol L'Espoir de Malraux. La fiction, en lien avec l'Histoire, peut Ă©lever le personnage au rang de figure lĂ©gendaire ou mythique Le Chouan dĂ©crit par Balzac ; Danton et Marat qui symbolisent et incarnent la Terreur dans Quatre-vingt-treize de Victor Hugo, ou encore Hadrien qui atteint la figure du sage dans Les MĂ©moires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar.Exemples pour l'oral les Ă©largissements culturels– Une histoire vraie de David Lynch, 1999États-Unis, dans les annĂ©es 1990. Alvin Straight, septuagĂ©naire, vit modestement et sent les effets de l'Ăąge. Il apprend que son frĂšre Lyle vient de faire une attaque. Ils ne se sont pas vus depuis dix ans, aprĂšs une dispute qui les a sĂ©parĂ©s. Bien conscient que le temps file et qu'il est temps d'aller lui rendre visite, Alvin enfourche son seul moyen de locomotion un tracteur-tondeuse auquel il accroche une petite remorque. Il entame alors un voyage de prĂšs de 400 kilomĂštres, Ă  une vitesse extrĂȘmement modeste, puisqu'il se fait mĂȘme dĂ©passer par des Ă  part dans l'Ɠuvre de David Lynch, Une histoire vraie est une parenthĂšse sur la lenteur et la contemplation. En Ă©cho aux MĂ©moires d'Hadrien, qui s'interroge sur sa vie passĂ©e et dresse l'inventaire Ă  l'heure oĂč la fin approche, le pĂ©riple du vieil homme sur les routes de l'AmĂ©rique profonde a tout d'un itinĂ©raire philosophique. Prendre la route, c'est faire un dernier voyage, pour mettre un terme Ă  une querelle dĂ©sormais oubliĂ©e, et, d'une certaine façon, partir en paix. La philosophie se fait ici sans les mots, mais Ă©voque des thĂ©matiques tout Ă  fait similaires accepter les effets de l'Ăąge, regarder intensĂ©ment le monde avant d'ĂȘtre contraint Ă  le quitter, et, de cette maniĂšre, accĂ©der Ă  une forme de sagesse. Le goĂ»t du voyage, largement Ă©voquĂ© dans le livre de Marguerite Yourcenar, n'est ici plus un souvenir il est mis en pratique. C'est l'occasion d'une poĂ©sie trĂšs simple et authentique, oĂč la lenteur permet d'apprĂ©cier la beautĂ© des paysages, et oĂč le trajet a autant d'importance que la road movie principe du voyage au cinĂ©ma est aussi l'occasion d'une sĂ©rie de rencontres qui permettent de se confronter aux diffĂ©rents Ăąges de la vie une jeune adolescente en pleine fugue, des adultes s'adonnant au cyclisme ou des reprĂ©sentants du troisiĂšme Ăąge vĂ©tĂ©rans de la guerre se laissant aller aux souvenirs marquants de leur existence. Étonnant de simplicitĂ©, soutenu par une trĂšs belle bande originale au lyrisme discret, Une histoire vraie montre comment la philosophie et la sagesse sont accessibles Ă  tous et reposent dans les actions les plus essentielles des individus.— Patients de Grand Corps Malade, 2017À la suite d'un accident, un jeune homme se trouve paralysĂ©, et contraint d'abandonner les Ă©tudes sportives qu'il avait envisagĂ©es. D'abord hospitalisĂ©, il intĂšgre ensuite un centre de rééducation oĂč il fait la connaissance d'autres pensionnaires souffrant de divers traumatismes. Ce sera pour lui l'occasion d'Ă©changer, de relativiser, et d'apprendre Ă  accepter la nouvelle vie qui se film de Grand Corps Malade a une vĂ©ritable dimension autobiographique Fabien Marsaud adapte le rĂ©cit qu'il avait Ă©crit cinq ans plus tĂŽt, en 2012, sur sa propre expĂ©rience l'ayant contraint Ă  rĂ©apprendre Ă  marcher durant de longs mois, et dont il garde encore des sĂ©quelles aujourd'hui, au point que son nom de scĂšne en porte la marque. On retrouve donc un lien direct avec le parcours, puisque le personnage de Ben est un autre qui Ă©voque ce que l'artiste a vĂ©cu, et lui permet d'Ă©changer sur une expĂ©rience qui a profondĂ©ment marquĂ© son existence. Le lien au corps et Ă  la souffrance physique fait lui aussi Ă©cho aux rĂ©flexions d'Hadrien. La diffĂ©rence est celle du ton l'immersion au sein d'une bande de jeunes du xxie siĂšcle permet Ă©videmment une autre approche, mais n'en demeure pas moins l'illustration d'un vĂ©ritable humanisme en action. Le rapport Ă  l'autre, la solidaritĂ©, la formation d'une communautĂ© vont permettre Ă  chacun de trouver sa place, et de s'entraider face aux Ă©preuves. L'humour et l'autodĂ©rision seront ainsi des armes particuliĂšrement efficaces, pour dĂ©dramatiser et faire fonctionner l'esprit face aux limites du corps. On pourra aussi Ă©tablir un parallĂšle dans la maniĂšre dont les personnages ont recours Ă  l'Ă©criture pour apprendre Ă  se connaĂźtre, se souvenir et formuler leurs interrogations les plus existentielles. L'empereur romain Ă©crit ses mĂ©moires, et le jeune homme contemporain renonce au basket en prenant la plume pour Ă©crire de la poĂ©sie parlĂ©e le slam, puis un roman rĂ©fĂ©rences sur le rapport Ă  la maladie et la fin de vie– Oslo, 31 aoĂ»t de Joachim Trier, 2011Sur le point de terminer sa cure de dĂ©sintoxication, un jeune homme a l'autorisation d'aller en ville pour se rendre Ă  un entretien d'embauche. Il saisit l'occasion pour aller saluer ses connaissances, qui ne se doutent pas vraiment qu'il est en train de leur dire adieu.– Mort Ă  Venise de Luchino Visconti, 19711911, Ă  Venise un compositeur qui cherche Ă  masquer son grand Ăąge tombe sous le charme d'un jeune garçon lui semblant incarner tout ce qu'il a perdu. Dans la ville, une Ă©pidĂ©mie de cholĂ©ra se dĂ©clenche et transforme les vacances en vaste requiem.– The Dig de Simon Stone, 20211939, Royaume-Uni. Une jeune veuve, dont la santĂ© se fragilise, fait opĂ©rer des fouilles archĂ©ologiques sur son domaine. Alors que la terre livre sa mĂ©moire sur l'Histoire, elle se prĂ©pare Ă  faire ses adieux aux siens. par Rachel Horton White Beaucoup d’entre nous traversent des hauts et des bas ces jours-ci. Nous expĂ©rimentons les joies d’ĂȘtre Ă  l’extĂ©rieur et de s’imprĂ©gner des cadeaux de la Terre, et puis nous ressentons l’énergie lourde du collectif. Nous purgeons les ombres de la matrice 3D, en nous-mĂȘmes et en tant que race humaine, au milieu d’une lumiĂšre massive qui nous Ă©claire. Il nous est demandĂ© de continuer Ă  ancrer la lumiĂšre, de faire preuve de patience, d’éliminer l’ego. Cette pĂ©riode est un moment puissant pour recevoir des activations de codes de lumiĂšre. Mais parfois, nous avons l’impression que cela ne fonctionne pas, ou que tous ces trucs spirituels sont un tas de bĂȘtises qui ne fonctionnent pas. Puis, nous nous rappelons ce que nous ressentons. Nous ne saurons peut-ĂȘtre jamais ce qui est vraiment vrai ou ce qui est vraiment rĂ©el, mais nous le savons lorsque nous ressentons une rĂ©sonance dans notre cƓur. Ce qui compte, c’est ce que nous ressentons dans notre cƓur. C’est un souvenir de notre Ăąme, de nombreuses vies passĂ©es. Nous arrivons dans chaque vie, grĂące Ă  la loi divine de l’amnĂ©sie, sans aucun souvenir de notre mission, ni des leçons que nous nous sommes fixĂ©s d’apprendre dans cette vie. En fait, l’expĂ©rience de la vie, de chaque situation dans laquelle nous nous trouvons, est la façon dont nous dĂ©couvrons la boĂźte aux trĂ©sors qui se trouve Ă  l’intĂ©rieur. MalgrĂ© tout, dans un monde oĂč il faut payer les factures, mettre de la nourriture sur la table et se loger, nous nous demandons si nous allons vraiment vers la Nouvelle Terre. Le monde 3D est toujours lĂ  pour nous enseigner, et nous nous dĂ©plaçons toujours entre les rĂ©alitĂ©s. Nous ne sommes pas encore en 5D. Cela peut ĂȘtre dĂ©routant et ces Ă©motions mĂ©langĂ©es peuvent conduire Ă  la frustration et Ă  l’irritabilitĂ©, mĂȘme envers ceux avec qui nous sommes spirituellement alignĂ©s. Nous nous demandons ce qui est vraiment rĂ©el. Sommes-nous vraiment en train d’atteindre des Ă©tats de conscience supĂ©rieure ou tout cela n’était-il qu’un mensonge ? Comment faisons-nous rĂ©ellement cela ? Rappelez-vous qu’il existe de nombreuses illusions. Il est presque impossible de savoir ce qui est vrai ou rĂ©el en se basant sur ce que nous entendons dans les mĂ©dias. Il existe un programme trĂšs astucieux pour nous tromper, alors prenez ce que vous entendez dans le courant dominant, mĂȘme dans les thĂ©ories de la conspiration », avec un grain de sel ! Je fonctionne selon la rĂšgle des 80-20
 80 % de vĂ©rité  20 % de contre-vĂ©ritĂ©. Ou vice-versa. Faites confiance Ă  ce qui vous semble juste et qui est basĂ© sur l’amour, pas sur la peur. Si vous avez peur, mĂȘme s’il y a une part de vĂ©ritĂ© dans ce que vous entendez, il n’est pas dans votre intĂ©rĂȘt de vous concentrer sur cette information. Voici quelque chose qui peut vous aider Ă  vous aligner sur le plan de votre futur moi le plus Ă©levĂ© Se dĂ©tacher de ce que l’on recherche peut ĂȘtre difficile. Pourtant, c’est une partie importante de l’alchimie de la co-crĂ©ation. AprĂšs avoir co-créé la vision de votre futur Soi idĂ©al, essayez de trouver un lieu de satisfaction pour votre vie actuelle. Si vous pouvez accepter votre vie telle qu’elle est actuellement et en Ă©prouver de la gratitude, mĂȘme si vous souhaitez un avenir diffĂ©rent, vous pouvez vivre dans une vibration Ă©levĂ©e. Concentrez-vous sur la gratitude pour les bonnes choses dĂ©jĂ  prĂ©sentes dans votre vie. Soyez reconnaissant pour les petites choses comme un corps fort, un esprit sain et une maison chaleureuse. Restez dans l’état d’esprit suivant J’aimerais que cela se produise, mais si ce n’est pas le cas, je vais me concentrer sur les moments heureux de ma vie actuelle telle qu’elle est. » Un moyen facile de crĂ©er la vibration du recevoir » est d’écrire au moins trois choses pour lesquelles vous ĂȘtes reconnaissant chaque matin et chaque soir. Bien sĂ»r, vous pouvez aussi simplement penser Ă  ce dont vous ĂȘtes reconnaissant, mais lorsque nous Ă©crivons des choses, notre esprit voit des mots sur le papier et commence Ă  croire qu’ils sont rĂ©els. Avec la gratitude et les Ă©motions Ă  haute vibration, votre attention se portera, au fil du temps, sur ce qui est bon dans votre vie. Dans le processus d’action et d’ajustement de vos actions pour vous aligner sur le flux, votre niveau vibratoire peut devenir suffisamment Ă©levĂ© pour correspondre Ă  celui de la vibration de votre Soi futur. Lorsque votre cƓur s’ouvre Ă  la gratitude, il s’ouvre Ă©galement pour s’aligner sur votre vision. Avec votre intuition qui vous guide le long du chemin, votre vie commence Ă  se dĂ©rouler devant vos yeux ! Une autre façon de co-crĂ©er notre Soi Futur est Ă  travers la lentille de la guidance Divine. Lorsque nous demandons aux anges et aux guides de nous aider, ils rĂ©pondent en nous envoyant des idĂ©es, des opportunitĂ©s et des personnes. En attendant, remarquez ce qui semble se mettre sur votre chemin. Y a-t-il une pensĂ©e ou une idĂ©e qui vous revient sans cesse souvent par l’intermĂ©diaire d’une autre personne ? Je crois que l’Esprit nous parle par trois. Si j’entends la mĂȘme recommandation de livre, ou le nom de quelqu’un que je devrais rencontrer, Ă  plusieurs endroits diffĂ©rents, alors je sais que mes guides divins essaient de s’adresser Ă  moi. L’univers ne nous apporte pas toujours ce que nous cherchons de la maniĂšre dont nous l’attendons et dans le dĂ©lai que nous souhaitons ! Les choses peuvent changer, en fonction du timing, du libre arbitre des autres et de l’évolution de nos propres dĂ©sirs. Lorsque nous puisons dans l’énergie de la co-crĂ©ation et des lois divines, nous commençons Ă  travailler avec des forces magiques. Cette magie consiste Ă  permettre, plutĂŽt qu’à forcer. Parfois, nous pensons que si nous essayons plus fort ou si nous travaillons plus, alors nous pourrons faire en sorte que cela fonctionne ce qui est une approche du cerveau gauche. En fait, c’est le contraire qui est vrai. Si nous permettons Ă  la volontĂ© divine d’agir comme elle le fait, nous pouvons apprendre Ă  faire confiance au fait que notre commande dans le restaurant de l’univers est en train d’ĂȘtre prĂ©parĂ©. Finalement, nous commençons Ă  comprendre que les cadeaux divins qui nous entourent sont vraiment les nĂŽtres pour en faire l’expĂ©rience et les gĂ©nĂ©rer en tant que co-crĂ©ateurs. En Ă©liminant les pensĂ©es nĂ©gatives de l’ego dans notre esprit, nous apprenons Ă  explorer, Ă  expĂ©rimenter et Ă  prendre des risques, notamment en allant vers les autres. Nous jetons nos filets au loin, pour voir ce que nous pouvons attraper, encore et encore. Puis, un jour, au moment oĂč nous nous y attendons le moins, nous nous apercevons que nous sommes devenus notre futur moi. Nous faisons le travail, en nettoyant les schĂ©mas ancestraux et aussi ceux de nombreuses vies passĂ©es. Le monde que nous crĂ©ons, en tant que montreurs de chemins, sera un Ăąge d’or de pur amour. Ensemble, nous rassemblons les outils qui nous aideront Ă  apprendre, et ensuite Ă  enseigner aux autres, comment ĂȘtre dans cette rĂ©alitĂ©. Avec chaque action que nous entreprenons et avec l’intention d’ĂȘtre dans une vibration d’amour et de guĂ©rison, en Ă©liminant nos vieilles ombres, beaucoup d’entre nous se dĂ©placent dĂ©jĂ  dans cette façon d’ĂȘtre. Continuez Ă  faire confiance, Ă  apporter de la lumiĂšre, Ă  Ă©liminer l’ego et Ă  permettre au monde 5D de se dĂ©ployer dans votre rĂ©alitĂ© personnelle. **Par Rachel Horton White English version Traduit et partagĂ© par la Presse Galactique 20,265 Pris dans la tourmente d’une avanche de mots, il m’arrive de penser qu’il me serait biensĂ©ant de m’allonger sur le divan du mĂ©decin spĂ©cialiste du comportement et du traitement des maladies mentales pour lui faire part du constat inquiĂ©tant de mon Ă©tat de dĂ©tresse morale, consĂ©quence d’un manque de confiance totale en mes reprĂ©sentants politiques qui ont le don de mettre mes nerfs Ă  fleur de peau
 Et pourtant, j’ai de belles circonstances attĂ©nuantes, en effet, jamais je n’ai rĂ©ellement Ă©tĂ© intĂ©ressĂ© Ă  donner un avis lors de discussions oĂč le caractĂšre politique Ă©tait affichĂ©. J’avoue humblement, plusieurs raisons et l’une d’elles tenait au fait que, jeune homme, je faisais partie du club trĂšs ouvert des handicapĂ©s de la politique, de ceux qui considĂšraient qu'une modeste voix ne pouvait changer grand chose, raison ou ignorance, sĂ»rement irresponsabilitĂ©, il est tellement vrai que je faisais souvent le choix de me faire reprĂ©senter par de superbes et trĂšs brillants perdants
 En reflexion pure qui dĂ©bouche sur une indĂ©crottable culpabilitĂ©, je ne pouvais tenir trĂšs longtemps une telle ligne de conduite, petit Ă  petit, je me suis positionnĂ©, fort d’une experience acquise au fil du temps, j’ai compris d’une maniĂšre prĂ©tentieuse, qu’il me fallait prendre partie en puisant dans mon Ă©ducation et en appliquant l’enseignement que j’ai reçu de mes PĂšres. Vaste programme qui me fait dire aujourd’hui que l'unique objet de mon ressentiment reste, quand mĂȘme, d'avoir toujours le sentiment d'ĂȘtre exploitĂ© par des profiteurs, les vrais gagnants du systĂšme... En ce temps de reprise des campagnes Ă©lectorales oĂč se profilent les Ă©lections prĂ©sidentielles de l’an prochain, je suis pris de panique Ă  l’écoute des programmes presentĂ©s par nos Ă©lus prĂ©sidentiables. J’entends tout et son contraire, c’est le temps des bilans de toutes sortes, de la construction imaginaire et sans rigueur d'une sociĂ©tĂ© idĂ©ale dont la rĂ©alisation est tout simplement impossible, c'est l'attaque Ă  la personne, la recherche des prioritĂ©s, de celles qui s’imposent et qui devraient faire de notre quotidien un hĂąvre de paix dans le plus Ă©quilibrĂ© des pays du monde. Albert Einstein dit un jour Seule une vie vĂ©cue pour les autres vaut la peine d’ĂȘtre vĂ©cue . » le Grand Albert avait probablement raison encore faut-il prendre en compte que tout dĂ©pend de la façon dont il interprĂȘtait cet adage au regard de son “compte rendu” au prĂ©sident Roosevelt oĂč il inquiĂ©ta ce dernier quant Ă  l’avancĂ©e des recherches de l’Allemagne d’Adolf qui Ă©tait sur le point imminent de disposer de la bombe atomique
 Les consĂ©quences furent immĂ©diates, l’AmĂ©rique par l'intermĂ©diaire d'un autre brillant scientifique au nom de Robert Oppenheimer , pĂšre supposĂ© de l’arme atomique, n’hĂ©sita pas Ă  utiliser cette terrifiante chape mortelle dĂ©formant Ă  jamais les rapports de force d’une humanitĂ© fragile qui sait dĂ©sormais ĂȘtre au bord du gouffre, sans garde-fou, au point de pouvoir disparaĂźtre poussĂ©e par un coup de folie
 En fait, “le sage” Albert et “l’ambitieux” Robert Ă©taient de ces savants gĂ©niaux qui ont fait progresser considĂ©rablement les rapports des hommes entre-eux
 La notion de progrĂšs Ă©tant ici obligatoirement inappropriĂ©e.... Nous pouvons trĂšs bien orienter nos actions sans pour autant oublier les autres et nous avons souvent dans notre vie fait des choix “sans regretter rien de rien, non rien de rien”
 John Donne disait Nul homme est une Ăźle ». Il prĂ©cisait Les hommes Ă©taient tous des fragments de continents, faisant ainsi partie d’un tout ». Ainsi il est intĂ©ressant de dire qu’il est impossible d’ĂȘtre rĂ©ellement heureux en ne pensant qu’à soi-mĂȘme, car nous avons besoin des gens qui nous entourent. N’est-il pas juste de penser que le bonheur n’existe que s’il est partagĂ©. Lors d’une discussion orientĂ©e sur la politique, je fĂ»t surpris d’ĂȘtre en accord avec mes interlocuteurs ! Nous avions ensemble admis, en conclusion Ă  nos rĂ©flexions sur l’égoĂŻsme, que notre vie devait ĂȘtre orientĂ©e en fonction de notre Ă©panouissement personnel, mais que le besoin de rendre les autres heureux Ă©tait la meilleur façon de l’ĂȘtre soi-mĂȘme. J’ai depuis fait mienne l’adage que m’importe ce qui m’importe qu’à moi” attribuĂ© Ă  AndrĂ© Malraux en rĂ©action dans ses antimĂ©moires "Que m'importe Ă  ce qui n'importe qu'Ă  moi, n'importe pas aux autres...".. Je me permets "cette parathĂšse" pour distraire et exciter nos neurones sans autre prĂ©tention que de mettre une barriĂšre aux maladies qui dĂ©truisent petit Ă  petit nos tĂȘtes, parfois bien pensantes, certes ! Mais avec toujours cette impression dĂ©sagrĂ©able, de se faire manger le cerveau
 Si seulement nos politiques pouvaient s’en inspirer, tout irait sĂ»rement mieux dans ce monde de brutes encore faudrait-il que la religion, la soif de pouvoir et l'obsĂ©dant besoin de richesses ne viennent assombrir le dĂ©bat en faisant place Ă  l'hypocrisie des promesses qui ne peuvent ĂȘtre tenues
 Rendez-vous sur objectif ! CM 1 action de rĂ©flĂ©chir en concentrant sa pensĂ©e sur une question donnĂ©e 2 conclusion ainsi obtenue 3 action de se rĂ©flĂ©chir en parlant de la lumiĂšre, d'une onde, d'un son 4 remarque faite Ă  soi-mĂȘme ou aux autres auto-rĂ©flexion nf rĂ©flexion d'un sujet par lui-mĂȘme sismique-rĂ©flexion nf gĂ©ologie qualifie une mĂ©thode d'analyse des sols Dictionnaire Français DĂ©finition rĂ©flexion , s nf 1 observation, remarque, considĂ©ration, attention 2 mĂ©ditation, pensĂ©e, idĂ©e, attention, imagination [antonyme] distraction, inattention 3 rĂ©verbĂ©ration, rĂ©fraction, rayon, Ă©cho, reflet [antonyme] censure, Ă©touffement 4 critique, pensĂ©e, observation, remarque, annotation, note, apostille coefficient de rĂ©flexion nm rĂ©flectance demander rĂ©flexion v vouloir rĂ©flĂ©chir mĂ©riter rĂ©flexion v rĂ©flĂ©chir toute rĂ©flexion faite adv tout bien rĂ©flĂ©chi, aprĂšs mĂ»re rĂ©flexion Dictionnaire Français Synonyme Dictionnaire Collaboratif Français DĂ©finition se creuser le ciboulot exp. faire un effort de rĂ©flexion Ă  un train de sĂ©nateur adv. lentement, rĂ©flexion et sagesse obligent Contraire de "Ă  la va-vite". Ă©pidiascope nm. appareil de projection en rĂ©flexion de documents non transparents Sa particularitĂ© est justement de permettre la projection de doc non transparents contrairement aux proj. de diapositives ou aux rĂ©troprojecteurs. refonte nf. restructuration, remise en cause, rĂ©flexion sur un changement de conception ou de design, notamment pour un livre ou un site Internet donner du grain Ă  moudre v. fournir des Ă©lĂ©ments ou des arguments, donner matiĂšre Ă  rĂ©flexion [Fig.] Pour ajouter des entrĂ©es Ă  votre liste de vocabulaire, vous devez rejoindre la communautĂ© Reverso. C’est simple et rapide Extraits du TraitĂ© de pĂ©dagogie D’Emmanuel Kant, 1803 Traduction de Jules Barni Une doctrine unanime considĂšre que la prĂ©vention doit ĂȘtre privilĂ©giĂ©e par rapport Ă  la rĂ©pression. Elle doit commencer trĂšs tĂŽt, dĂšs les premiĂšres annĂ©es ; d’oĂč l’importance d’une Ă©ducation qui prĂ©pare l’enfant Ă  sa vie d’adulte, et le sensibilise Ă  ses diffĂ©rents devoirs envers la sociĂ©tĂ©, envers sa famille et envers lui-mĂȘme. Quoiqu’il ne comporte que quelques dizaines de pages, nous n’avons retenu de cet ouvrage que les passages intĂ©ressant directement la prĂ©vention de la dĂ©linquance. L’ouvrage intĂ©gral peut ĂȘtre consultĂ© sur I - INTRODUCTION L’homme est la seule crĂ©ature qui soit susceptible d’éducation. Par Ă©ducation l’on entend les soins le traitement, l’entretien que rĂ©clame son enfance, la discipline qui le fait homme, enfin l’instruction avec la culture. Sous ce triple rapport, il est enfant, Ă©lĂšve et Ă©colier. AussitĂŽt que les animaux commencent Ă  sentir leurs forces, ils les emploient rĂ©guliĂšrement, c’est-Ă -dire d’une maniĂšre qui ne leur soit point nuisible Ă  eux-mĂȘmes. Il est curieux en effet de voir comment, par exemple, les jeunes hirondelles, Ă  peine sorties de leur Ɠuf et encore aveugles, savent s’arranger de maniĂšre Ă  faire tomber leurs excrĂ©ments hors de leur nid. Les animaux n’ont donc pas besoin d’ĂȘtre soignĂ©s, enveloppĂ©s, rĂ©chauffĂ©s et conduits, ou protĂ©gĂ©s. La plupart demandent, il est vrai, de la pĂąture, mais non des soins. Par soins, il faut entendre les prĂ©cautions que prennent les parents pour empĂȘcher leurs enfants de faire de leurs forces un usage nuisible. Si, par exemple, un animal, en venant au monde, criait comme font les enfants, il deviendrait infailliblement la proie des loups et des autres bĂȘtes sauvages qui seraient attirĂ©es par ses cris. La discipline nous fait passer de l’état d’animal Ă  celui d’homme. Un animal est par son instinct mĂȘme tout ce qu’il peut ĂȘtre ; une raison Ă©trangĂšre a pris d’avance pour lui tous les soins indispensables. Mais l’homme a besoin de sa propre raison. Il n’a pas d’instinct, et il faut qu’il se fasse Ă  lui-mĂȘme son plan de conduite. Mais, comme il n’en est pas immĂ©diatement capable, et qu’il arrive dans le monde Ă  l’état sauvage, il a besoin du secours des autres. L’espĂšce humaine est obligĂ©e de tirer peu Ă  peu d’elle-mĂȘme par ses propres efforts toutes les qualitĂ©s naturelles qui appartiennent Ă  l’humanitĂ©. Une gĂ©nĂ©ration fait l’éducation de l’autre. On en peut chercher le premier commencement dans un Ă©tat sauvage ou dans un Ă©tat parfait de civilisation ; mais, dans ce second cas, il faut encore admettre que l’homme est retombĂ© ensuite Ă  l’état sauvage et dans la barbarie. La discipline empĂȘche l’homme de se laisser dĂ©tourner de sa destination, de l’humanitĂ©, par ses penchants brutaux. Il faut, par exemple, qu’elle le modĂšre, afin qu’il ne se jette pas dans le danger comme un farouche ou un Ă©tourdi. Mais la discipline est purement nĂ©gative, car elle se borne Ă  dĂ©pouiller l’homme de sa sauvagerie ; l’instruction au contraire est la partie positive de l’éducation. La sauvagerie est l’indĂ©pendance Ă  l’égard de toutes les lois. La discipline soumet l’homme aux lois de l’humanitĂ© et commence Ă  lui faire sentir la contrainte des lois. Mais cela doit avoir lieu de bonne heure. Ainsi, par exemple, on envoie d’abord les enfants Ă  l’école, non pour qu’ils y apprennent quelque chose, mais pour qu’ils s’y accoutument Ă  rester tranquillement assis et Ă  observer ponctuellement ce qu’on leur ordonne, afin que dans la salle ils sachent tirer Ă  l’instant bon parti de toutes les idĂ©es qui leur viendront. Mais l’homme a naturellement un si grand penchant pour la libertĂ©, que quand on lui en laisse prendre d’abord une longue habitude, il lui sacrifie tout. C’est prĂ©cisĂ©ment pour cela qu’il faut de trĂšs bonne heure, comme je l’ai dĂ©jĂ  dit, avoir recours Ă  la discipline, car autrement, il serait trĂšs difficile de changer ensuite son caractĂšre. Il suivra alors tous ses caprices
 Nous devons donc nous accoutumer de bonne heure Ă  nous soumettre aux prĂ©ceptes de la raison. Quand on a laissĂ© l’homme faire toutes ses volontĂ©s pendant sa jeunesse et qu’on ne lui a jamais rĂ©sistĂ© en rien, il conserve une certaine sauvagerie pendant toute la durĂ©e de sa vie. Il ne lui sert de rien d’ĂȘtre mĂ©nagĂ© pendant sa jeunesse par une tendresse maternelle exagĂ©rĂ©e, car plus tard il n’en rencontrera que plus d’obstacles de toutes parts, et il recevra partout des Ă©checs lorsqu’il s’engagera dans les affaires du monde. C’est une faute oĂč l’on tombe ordinairement dans l’éducation des grands, que de ne jamais leur opposer de vĂ©ritable rĂ©sistance dans leur jeunesse, sous prĂ©texte qu’ils sont destinĂ©s Ă  commander. Chez l’homme, le penchant pour la libertĂ© fait qu’il est nĂ©cessaire de polir sa rudesse ; chez l’animal, au contraire, l’instinct dispense de cette nĂ©cessitĂ©. L’homme a besoin de soin et de culture. La culture comprend la discipline et l’instruction 
 L’homme ne peut devenir homme que par l’éducation. Il n’est que ce qu’elle le fait. Il est Ă  remarquer qu’il ne peut recevoir cette Ă©ducation que d’autres hommes, qui l’aient Ă©galement reçue. Aussi le manque de discipline et d’instruction chez quelques hommes, en fait de trĂšs mauvais maĂźtres pour leurs Ă©lĂšves
 L’esquisse d’une thĂ©orie de l’éducation est un noble idĂ©al et qui ne nuirait en rien, quand mĂȘme nous ne serions pas en Ă©tat de le rĂ©aliser. Il ne faut pas regarder une idĂ©e comme chimĂ©rique et la donner pour un beau rĂȘve parce que des obstacles en arrĂȘtent la rĂ©alisation. Un idĂ©al n’est autre chose que la conception d’une perfection qui ne s’est pas encore rencontrĂ©e dans l’expĂ©rience. Telle est, par exemple, l’idĂ©e d’une rĂ©publique parfaite, gouvernĂ©e d’aprĂšs les rĂšgles de la justice. Est-elle pour cela impossible ? Seulement il faut d’abord que notre idĂ©e ne soit pas fausse, et ensuite qu’il ne soit pas absolument impossible de vaincre tous les obstacles qui peuvent s’opposer Ă  son exĂ©cution. Si, par exemple, tout le monde mentait, la franchise serait-elle pour cela une pure chimĂšre ? L’idĂ©e d’une Ă©ducation qui dĂ©veloppe dans l’homme toutes ses dispositions naturelles est vraie absolument
 Il y a beaucoup de germes dans l’humanitĂ©, et c’est Ă  nous Ă  dĂ©velopper proportionnellement nos dispositions naturelles, Ă  donner Ă  l’humanitĂ© tout son dĂ©ploiement et Ă  faire en sorte que nous remplissions notre destination
 L’éducation est un art dont la pratique a besoin d’ĂȘtre perfectionnĂ©e par plusieurs gĂ©nĂ©rations. Chaque gĂ©nĂ©ration, munie des connaissances des prĂ©cĂ©dentes, est toujours plus en mesure d’arriver Ă  une Ă©ducation qui dĂ©veloppe dans une juste proportion et conformĂ©ment Ă  leur but toutes nos dispositions naturelles, et qui conduise ainsi toute l’espĂšce humaine Ă  sa destination. La Providence a voulu que l’homme fĂ»t obligĂ© de tirer le bien de lui-mĂȘme, et elle lui dit en quelque sorte Entre dans le monde. J’ai mis en toi toutes sortes de dispositions pour le bien. C’est Ă  toi qu’il appartient de les dĂ©velopper, et ainsi ton bonheur ou ton malheur dĂ©pend de toi. » C’est ainsi que le CrĂ©ateur pourrait parler aux hommes. L’homme doit d’abord dĂ©velopper ses dispositions pour le bien ; la Providence ne les a pas mises en lui toutes formĂ©es ; ce sont de simples dispositions, et il n’y a pas encore lĂ  de distinction de moralitĂ©. Se rendre soi-mĂȘme meilleur, se cultiver soi-mĂȘme, et, si l’on est mauvais, dĂ©velopper en soi la moralitĂ©, voilĂ  le devoir de l’homme. Quand on y rĂ©flĂ©chit mĂ»rement, on voit combien cela est difficile. L’éducation est donc le problĂšme le plus grand et le plus ardu qui nous puisse ĂȘtre proposĂ©. Les lumiĂšres en effet dĂ©pendent de l’éducation, et Ă  son tour l’éducation dĂ©pend des lumiĂšres. Aussi ne saurait-elle marcher en avant que pas Ă  pas, et ne peut-on arriver Ă  s’en faire une idĂ©e exacte que parce que chaque gĂ©nĂ©ration transmet ses expĂ©riences et ses connaissances Ă  la suivante, qui y ajoute Ă  son tour et les lĂšgue ainsi augmentĂ©es Ă  celle qui lui succĂšde. Quelle culture et quelle expĂ©rience ne suppose donc pas cette idĂ©e ? C’est pourquoi elle ne pouvait paraĂźtre que fort tard, et nous-mĂȘmes ne l’avons pas encore Ă©levĂ©e Ă  son plus haut degrĂ© de puretĂ©. La question est de savoir si l’éducation dans l’individu doit imiter la culture que l’humanitĂ© en gĂ©nĂ©ral reçoit de ses diverses gĂ©nĂ©rations. Il y a deux choses dont on peut regarder la dĂ©couverte comme la plus difficile pour l’humanitĂ© l’art de gouverner les hommes et celui de les Ă©lever, et pourtant on dispute encore sur ces idĂ©es
 Un principe de pĂ©dagogie que devraient surtout avoir devant les yeux les hommes qui font des plans d’éducation, c’est qu’on ne doit pas Ă©lever les enfants d’aprĂšs l’état prĂ©sent de l’espĂšce humaine, mais d’aprĂšs un Ă©clat meilleur, possible dans l’avenir, c’est-Ă -dire d’aprĂšs l’idĂ©e de l’humanitĂ© et de son entiĂšre destination. Ce principe est d’une grande importance. Les parents n’élĂšvent ordinairement leurs enfants qu’en vue du monde actuel, si corrompu qu’il soit. Ils devraient au contraire leur donner une Ă©ducation meilleure, afin qu’un meilleur Ă©tat en pĂ»t sortir dans l’avenir. Mais deux obstacles se rencontrent ici premiĂšrement, les parents n’ont ordinairement souci que d’une chose, c’est que leurs enfants fassent bien leur chemin dans le monde, et deuxiĂšmement, les princes ne considĂšrent leurs sujets que comme des instruments pour leurs desseins
 Une bonne Ă©ducation est la source de tout bien dans le monde. Les germes qui sont dans l’homme doivent toujours se dĂ©velopper davantage ; car il n’y a pas dans les dispositions naturelles de l’homme de principe du mal. La seule cause du mal, c’est qu’on ne ramĂšne pas la nature Ă  des rĂšgles. Il n’y a dans l’homme de germe que pour le bien
 L’éducation doit donc, premiĂšrement, discipliner les hommes. Les discipliner, c’est chercher Ă  empĂȘcher que ce qu’il y a d’animal en eux n’étouffe ce qu’il y a d’humain, aussi bien dans l’homme individuel que dans l’homme social. La discipline consiste donc simplement Ă  les dĂ©pouiller de leur sauvagerie. DeuxiĂšmement, elle doit les cultiver. La culture comprend l’instruction et les divers enseignements. C’est elle qui donne l’habiletĂ©. Celle-ci est la possession d’une aptitude suffisante pour toutes les fins qu’on peut avoir Ă  se proposer. Elle ne dĂ©termine donc elle-mĂȘme aucune fin, mais elle laisse ce soin aux circonstances. Certains arts sont bons dans tous les cas, par exemple ceux de lire et d’écrire ; d’autres ne le sont que relativement Ă  quelques fins, comme celui de la musique, qui fait aimer celui qui le possĂšde. L’habiletĂ© est en sorte infinie, Ă  cause de la multitude des fins qu’on peut se proposer. TroisiĂšmement, il faut aussi veiller Ă  ce que l’homme acquiĂšre de la prudence, Ă  ce qu’il sache vivre dans la sociĂ©tĂ© de ses semblables de maniĂšre Ă  se faire aimer et Ă  avoir de l’influence. C’est ici que se place cette espĂšce de culture qu’on appelle la civilisation. Elle exige certaines maniĂšres, de la politesse et cette prudence qui fait qu’on peut se servir de tous les hommes pour ses propres fins. Elle se rĂšgle sur le goĂ»t changeant de chaque siĂšcle. Ainsi l’on aimait encore il y a quelques annĂ©es les cĂ©rĂ©monies en sociĂ©tĂ©. QuatriĂšmement, on doit enfin veiller Ă  la moralisation. Il ne suffit pas en effet que l’homme soit propre a toutes sortes de fins ; il faut encore qu’il sache se faire une maxime de n’en choisir que de bonnes. Les bonnes fins sont celles qui sont nĂ©cessairement approuvĂ©es par chacun, et qui peuvent ĂȘtre en mĂȘme temps des fins pour chacun
 On peut, ou bien dresser, façonner, instruire l’homme d’une maniĂšre toute mĂ©canique ; ou bien l’éclairer vĂ©ritablement. On dresse des chevaux, des chiens, et l’on peut aussi dresser des hommes
 L’éducation comprend les soins qu’exige l’enfance et la culture. Celle-ci est, premiĂšrement, nĂ©gative c’est alors la discipline, laquelle se borne Ă  empĂȘcher les fautes ; deuxiĂšmement, positive c’est l’instruction et la direction, et sous ce rapport elle mĂ©rite bien le nom de culture. La direction est ce qui sert de guide dans la pratique de ce que l’on veut apprendre. D’oĂč la diffĂ©rence entre le prĂ©cepteur, lequel est simplement un professeur, et le gouverneur, qui est un directeur. Le premier donne uniquement l’éducation de l’école ; le second celle de la vie
 Combien de temps doit durer l’éducation ? Jusqu’à l’époque oĂč la nature mĂȘme a voulu que l’homme se conduisit lui-mĂȘme, oĂč se dĂ©veloppe en lui l’instinct du sexe, oĂč il peut lui-mĂȘme devenir pĂšre et ĂȘtre chargĂ© Ă  son tour d’une Ă©ducation Ă  faire, c’est-Ă -dire environ jusqu’à la seiziĂšme annĂ©e. AprĂšs cette Ă©poque, on peut bien encore avoir recours Ă  des maĂźtres qui continuent de le cultiver, et le soumettre Ă  une discipline secrĂšte, mais il n’y a plus d’éducation rĂ©guliĂšre Ă  lui donner
 Un des plus grands problĂšmes de l’éducation est de concilier sous une contrainte lĂ©gitime la soumission avec la facultĂ© de se servir de sa libertĂ©. Car la contrainte est nĂ©cessaire. Mais comment cultiver la libertĂ© par la contrainte ? Il faut que j’accoutume mon Ă©lĂšve Ă  souffrir que sa libertĂ© soit soumise Ă  une contrainte, et qu’en mĂȘme temps je l’instruise Ă  en faire lui-mĂȘme un bon usage. Sans cela il n’y aurait en lui que pur mĂ©canisme ; l’homme privĂ© d’éducation ne sait pas se servir de sa libertĂ©. Il est nĂ©cessaire qu’il sente de bonne heure la rĂ©sistance inĂ©vitable de la sociĂ©tĂ©, afin d’apprendre combien il est difficile de se suffire Ă  soi-mĂȘme, de supporter les privations et d’acquĂ©rir de quoi se rendre indĂ©pendant. On doit observer ici les rĂšgles suivantes premiĂšrement, il faut laisser l’enfant libre dĂšs sa premiĂšre enfance et dans tous les moments exceptĂ© dans les circonstances oĂč il peut se nuire Ă  lui-mĂȘme, comme par exemple s’il vient Ă  saisir un instrument tranchant, mais Ă  la condition qu’il ne fasse pas lui-mĂȘme obstacle, Ă  la libertĂ© d’autrui, comme par exemple quand il crie, ou que sa gaietĂ© se manifeste d’une maniĂšre trop bruyante et qu’il incommode les autres. DeuxiĂšmement, On doit lui montrer qu’il ne peut arriver Ă  ses fins qu’à la condition de laisser les autres arriver aussi aux leurs, par exemple qu’on ne fera rien d’agrĂ©able pour lui s’il ne fait pas lui-mĂȘme ce que l’on dĂ©sire, qu’il faut qu’il s’instruise, etc. TroisiĂšmement, il faut lui prouver que la contrainte qu’on lui impose a pour but de lui apprendre Ă  faire usage de sa propre libertĂ©, qu’on le cultive afin qu’il puisse un jour ĂȘtre libre, c’est-Ă -dire se passer du secours d’autrui. Ce dernier point est le plus tardif Ă  frapper l’esprit des enfants ils ne font que trĂšs tard cette rĂ©flexion, qu’ils auront par exemple un jour a s’occuper eux-mĂȘmes de leur entretien. Ils pensent qu’il en sera toujours comme dans la maison de leurs parents, oĂč on leur donne Ă  manger et Ă  boire sans qu’ils aient Ă  s’en occuper... II - TRAITÉ La pĂ©dagogie ou la science de l’éducation est ou physique ou pratique. L’éducation physique est celle que l’homme partage avec les animaux, c’est-Ă -dire les soins qu’il exige. L’éducation pratique ou morale est celle dont l’homme a besoin de recevoir la culture pour pouvoir vivre ou ĂȘtre libre. On nomme pratique tout ce qui a rapport Ă  la libertĂ©. C’est l’éducation de la personnalitĂ©, l’éducation d’un ĂȘtre libre, qui peut se suffire Ă  lui-mĂȘme et tenir sa place dans la sociĂ©tĂ©, mais qui est capable aussi d’avoir par lui-mĂȘme une valeur intĂ©rieure. D’aprĂšs cela l’éducation se compose premiĂšrement, de la culture scolastique et mĂ©canique, qui se rapporte Ă  l’habiletĂ© elle est alors didactique c’est l’Ɠuvre du professeur ; deuxiĂšmement de la culture pragmatique, qui se rapporte Ă  la prudence c’est la tĂąche du gouverneur ; troisiĂšmement, de la culture morale, qui se rapporte Ă  la moralitĂ©. L’homme a besoin de la culture scolastique ou de l’instruction pour ĂȘtre capable d’atteindre toutes ses fins. Elle lui donne une valeur comme individu. La culture de la prudence le prĂ©pare Ă  l’état de citoyen, car elle lui donne une valeur publique. Il apprend par-lĂ  aussi bien Ă  amener Ă  ses fins la sociĂ©tĂ© civile qu’à s’y conformer lui-mĂȘme. La culture morale enfin lui donne une valeur qui regarde l’espĂšce humaine tout entiĂšre. La culture scolastique est la premiĂšre en date. En effet, la prudence prĂ©suppose toujours l’habiletĂ©. La prudence est le talent de bien employer son habiletĂ©. La culture morale, en tant qu’elle repose sur des principes, que l’homme lui-mĂȘme doit apercevoir, est la derniĂšre ; mais en tant qu’elle repose uniquement sur le sens commun, elle doit ĂȘtre pratiquĂ©e dĂšs le dĂ©but, mĂȘme dans l’éducation physique, sans quoi plus d’un dĂ©faut s’enracinerait si bien qu’il rendrait ensuite inutiles tous les. efforts et tout l’art de l’éducation. Quant Ă  l’habiletĂ© et Ă  la prudence, il faut suivre en tout les annĂ©es. Se montrer dans l’enfance habile, prudent, patient, sans malice, comme un homme, cela ne vaut guĂšre mieux que de conserver dans l’ñge mĂ»r la sensibilitĂ© d’un enfant. A - DE L’ÉDUCATION PHYSIQUE Quoique celui qui entreprend une Ă©ducation Ă  titre de gouverneur ne prenne pas assez tĂŽt la direction des enfants pour pouvoir aussi donner ses soins Ă  leur Ă©ducation physique, il lui est cependant utile de savoir tout ce qu’il est nĂ©cessaire de faire en matiĂšre d’éducation depuis le commencement jusqu’à la fin
 Pour ce qui est de la culture de l’esprit, que l’on peut bien aussi d’une certaine maniĂšre appeler physique, il faut surtout prendre garde que la discipline ne traite les enfants en esclaves, et faire en sorte qu’ils sentent toujours leur libertĂ©, mais de maniĂšre a ne pas nuire Ă  celle d’autrui ; d’oĂč il suit qu’on doit aussi les accoutumer Ă  rencontrer de la rĂ©sistance. Bien des parents refusent tout a leurs enfants, afin d’exercer ainsi leur patience, et ils en exigent plus d’eux qu’ils n’en ont eux-mĂȘmes. Cela est cruel. Donnez Ă  l’enfant ce dont il a besoin, et dites-lui ensuite Tu en as assez. » Mais il est absolument nĂ©cessaire que cela soit irrĂ©vocable. Ne faites aucune attention aux cris des enfants, et ne leur cĂ©dez pas, lorsqu’ils croient pouvoir vous arracher quelque chose par ce moyen ; mais ce qu’ils vous demandent amicalement, donnez-le leur, si cela leur est bon. Ils s’habitueront ainsi Ă  ĂȘtre francs ; et, comme ils n’importuneront personne par leurs cris, chacun en revanche sera bien disposĂ© pour eux. La Providence semble vraiment avoir donnĂ© aux enfants une mine riante, afin qu’ils puissent sĂ©duire les gens. Rien ne leur est plus funeste qu’une discipline qui les taquine et les avilit pour briser leur volonté  Nous arrivons maintenant Ă  la culture de l’ñme, que d’une certaine maniĂšre on peut aussi appeler physique. Il faut bien distinguer la nature et la libertĂ©. Donner des lois Ă  la libertĂ© est tout autre chose que de cultiver la nature. La nature du corps et celle de l’ñme s’accordent en cela qu’en les cultivant on doit chercher Ă  les empĂȘcher de se gĂąter, et que l’art ajoute quelque chose encore Ă  l’une comme Ă  l’autre On peut donc dans un certain sens appeler physique la culture de l’ñme, tout aussi bien que celle du corps. Cette culture physique de l’ñme se distingue de la culture morale en ce qu’elle se rapporte Ă  la nature, tandis que l’autre se rapporte Ă  la libertĂ©. Un homme peut ĂȘtre physiquement trĂšs cultivĂ© ; il peut avoir l’esprit trĂšs ornĂ©, mais manquer de culture morale, et ĂȘtre un mĂ©chant homme. Il faut distinguer la culture physique de la culture pratique, qui est pragmatique ou morale. Cette derniĂšre a plutĂŽt pour but de moraliser l’homme que de le cultiver
 Il est de la plus grande importance d’apprendre aux enfants Ă  travailler. L’homme est le seul animal qui soit vouĂ© au travail. Il lui faut d’abord beaucoup de prĂ©paration pour en venir Ă  jouir de ce qui est nĂ©cessaire Ă  sa conservation. La question de savoir si le Ciel ne se serait pas montre beaucoup plus bienveillant Ă  notre Ă©gard, en nous offrant toutes choses dĂ©jĂ  prĂ©parĂ©es, de telle sorte que nous n’aurions plus besoin de travailler, cette question doit certainement ĂȘtre rĂ©solue nĂ©gativement, car il faut Ă  l’homme des occupations, mĂȘme de celles qui supposent une certaine contrainte. Il est tout aussi faux de s’imaginer que, si Adam et Ève Ă©taient restĂ©s dans le paradis, ils n’eussent fait autre chose que demeurer assis ensemble, chanter des chants pastoraux et contempler la beautĂ© de la nature L’oisivetĂ© eĂ»t fait leur tourment tout aussi bien que celui des autres hommes. Il faut que l’homme soit occupĂ© de telle sorte que, tout rempli du but qu’il a devant les yeux, il ne se sente pas lui-mĂȘme, et le meilleur repos pour lui est celui qui suit le travail. On doit donc accoutumer l’enfant Ă  travailler. Et oĂč le penchant au travail peut-il ĂȘtre mieux cultivĂ© que dans l’école ? L’école est une culture forcĂ©e. C’est rendre Ă  l’enfant un trĂšs mauvais service que de l’accoutumer Ă  tout regarder comme un jeu. Il faut sans doute qu’il ait ses moments de rĂ©crĂ©ation, mais il faut aussi qu’il ait ses moments de travail. S’il n’aperçoit pas d’abord l’utilitĂ© de cette contrainte, il la reconnaĂźtra plus tard
 Il faut cultiver la mĂ©moire de bonne heure, mais en ayant soin de cultiver en mĂȘme temps l’intelligence. On cultivera la mĂ©moire premiĂšrement, en lui donnant Ă  retenir les noms qui entrent dans les rĂ©cits ; deuxiĂšmement, par la lecture et l’écriture ; il faut exercer les enfants Ă  lire de tĂšte et sans avoir recours Ă  l’épellation ; troisiĂšmement par les langues, que les enfants doivent apprendre en les entendant, avant d’en venir Ă  en lire quelque chose
 Mais il faut chercher Ă  unir insensiblement dans l’instruction de l’enfant le savoir et le pouvoir. Entre toutes les sciences les mathĂ©matiques paraissent ĂȘtre le seul moyen d’atteindre parfaitement ce but. En outre, il faut unir la science et la parole la facilitĂ© d’élocution, l’art de bien dire, l’éloquence. Mais il faut aussi que l’enfant apprenne Ă  distinguer parfaitement la science de la simple opinion et de la croyance. On formera ainsi un esprit juste, et un goĂ»t juste aussi, sinon fin ou dĂ©licat. Le goĂ»t que l’on cultivera sera d’abord celui des sens, surtout des veux, et enfin celui des idĂ©es
 Nous devons donner aussi une idĂ©e systĂ©matique de tout le but de l’éducation et de la maniĂšre de l’atteindre. 1° Culture gĂ©nĂ©rale des facultĂ©s de l’esprit, qu’il faut bien distinguer de la culture particuliĂšre. Elle a pour but l’habiletĂ© et le perfectionnement ; ce n’est pas qu’elle apprenne quelque chose de particulier Ă  l’élĂšve, mais elle fortifie les facultĂ©s de son esprit. Elle est a ou physique. Ici tout dĂ©pend de la pratique et de la discipline, sans que l’enfant ait besoin de connaĂźtre aucune maxime. Elle est passive pour le disciple, qui doit suivre la direction d’autrui. D’autres pensent pour lui. b ou morale. Elle ne repose pas alors sur la discipline, mais sur des maximes. Tout est perdu, si l’on veut la fonder sur l’exemple, les menaces, les punitions, etc. Elle ne serait alors que pure discipline. Il faut faire en sorte que l’élĂšve agisse bien d’aprĂšs ses propres maximes et non par habitude, et qu’il ne fasse pas seulement le bien, mais qu’il le fasse parce que c’est le bien. Car toute la valeur morale des actions rĂ©side dans les maximes du bien. L’éducation physique et l’éducation morale se distinguent en ce que la premiĂšre est passive pour l’élĂšve, tandis que la seconde est active. Il faut qu’il aperçoive toujours le principe de l’action et le lien qui la rattache Ă  l’idĂ©e du devoir. 2° Culture particuliĂšre des facultĂ©s de l’esprit. Ici se prĂ©sente la culture des facultĂ©s de connaĂźtre, des sens, de l’imagination, de la mĂ©moire, de l’attention et de ce qu’on nomme l’esprit. Nous avons dĂ©jĂ  parlĂ© de la culture des sens, par exemple de la vue. Pour ce qui est de celle de l’imagination, il faut remarquer une chose, c’est que les enfants ont une imagination extrĂȘmement puissante, et qu’elle n’a pas besoin d’ĂȘtre davantage tendue et Ă©tendue par des contes. Elle a bien plutĂŽt besoin d’ĂȘtre gouvernĂ©e et soumise Ă  des rĂšgles, mais il ne faut pas pour cela la laisser entiĂšrement inoccupĂ©e
 Pour ce qui concerne l’attention, il faut remarquer qu’elle a besoin d’ĂȘtre fortifiĂ©e en gĂ©nĂ©ral. Attacher fortement nos pensĂ©es Ă  un objet est moins un talent qu’une faiblesse de notre sens intĂ©rieur, qui se montre dans ce cas inflexible et ne se laisse pas appliquer oĂč l’on veut. La distraction est l’ennemie de toute Ă©ducation. La mĂ©moire suppose l’attention. Pour ce qui est des facultĂ©s supĂ©rieures de l’esprit, nous rencontrons ici la culture de l’entendement, du jugement et de la raison. On peut commencer par former en quelque sorte passivement l’entendement, en lui demandant des exemples qui s’appliquent Ă  la rĂšgle, ou au contraire la rĂšgle qui s’applique aux exemples particuliers. Le jugement indique l’usage que l’on doit faire de l’entendement. Il est nĂ©cessaire de comprendre ce que l’on apprend ou ce que l’on dit, et de ne rien rĂ©pĂ©ter sans le comprendre. Combien lisent et Ă©coutent certaines chose qu’ils admettent sans les comprendre ! C’est ici qu’il faut se rappeler la diffĂ©rence des images et des choses mĂȘmes
 Dans la culture de la raison il faut procĂ©der Ă  la maniĂšre de Socrate. Celui-ci en effet, qui se nommait l’accoucheur des esprits de ses auditeurs, nous donne dans ses dialogues, que Platon nous a en quelque sorte conservĂ©s, des exemples de la maniĂšre d’amener mĂȘme des personnes d’un Ăąge mĂ»r Ă  tirer certaines idĂ©es de leur propre raison. Il y a beaucoup de points sur lesquels il n’est pas nĂ©cessaire que les enfants exercent leur esprit. Ils ne doivent pas raisonner sur tout. Ils n’ont pas besoin de connaĂźtre les raisons de tout ce qui peut concourir Ă  leur Ă©ducation ; mais, dĂšs qu’il s’agit du devoir, il faut leur en faire connaĂźtre les principes. Toutefois on doit en gĂ©nĂ©ral faire en sorte de tirer d’eux-mĂȘmes les connaissances rationnelles, plutĂŽt que de les introduire. La mĂ©thode socratique devrait servir de rĂšgle Ă  la mĂ©thode catĂ©chĂ©tique
 Il faut aussi placer ici la culture du sentiment du plaisir ou de la peine. Elle doit ĂȘtre nĂ©gative ; il ne faut pas amollir le sentiment. Le penchant Ă  la mollesse est plus fĂącheux pour les hommes que tous les maux de la vie. Il est donc extrĂȘmement important d’apprendre de bonne heure aux enfants Ă  travailler. Quand ils ne sont pas dĂ©jĂ  effĂ©minĂ©s, ils aiment rĂ©ellement les divertissements mĂȘlĂ©s de fatigues et les occupations qui exigent un certain dĂ©ploiement de forces. On ne doit pas les rendre difficiles sur leurs jouissances et leur en laisser le choix. Les mĂšres gĂątent ordinairement en cela leurs enfants et les amollissent en gĂ©nĂ©ral. Et pourtant on observe que les enfants, surtout les fils, aiment mieux leurs pĂšres que leurs mĂšres. Cela peut bien venir de ce que les mĂšres ne laissent pas sauter, courir de cĂŽte et d’autre, etc., et cela par crainte qu’il ne leur arrive quelque accident. Le pĂšre, au contraire, qui les gronde, qui les bat mĂȘme quand ils n’ont pas Ă©tĂ© sages, les conduit, parfois dans les champs, et lĂ  les laisse courir, jouer et prendre tous leurs Ă©bats, comme il convient Ă  leur Ăąge. Il ne faut pas, comme on l’a dĂ©jĂ  dit plus haut, briser la volontĂ© des enfants, mais seulement la diriger de telle sorte qu’elle sache cĂ©der aux obstacles naturels. L’enfant doit d’abord obĂ©ir aveuglĂ©ment. Il n’est pas naturel qu’il commande par ses cris, et que le fort obĂ©isse au faible. On ne doit donc jamais cĂ©der aux cris des enfants, mĂȘme dans leur premiĂšre jeunesse, et leur laisser ce moyen d’obtenir ce qu’ils veulent. Les parents se trompent ordinairement ici, et croient pouvoir plus tard rĂ©parer le mal, en refusant Ă  leurs enfants tout ce qu’ils demandent. Mais il est trĂšs absurde de leur refuser sans raison ce qu’ils attendent de la bontĂ© de leurs parents, uniquement pour leur faire Ă©prouver une rĂ©sistance et leur faire sentir qu’ils sont les plus faibles. On gĂąte les enfants en faisant tout ce qu’ils veulent, et on les Ă©lĂšve trĂšs mal en allant toujours au-devant de leurs volontĂ©s et de leurs dĂ©sirs
 La culture morale doit se fonder sur des maximes, non sur une discipline. Celle-ci empĂȘche les dĂ©fauts, celle-lĂ  forme la façon de penser. On doit faire en sorte que l’entant s’accoutume Ă  agir d’aprĂšs des maximes et non d’aprĂšs certains mobiles. La discipline ne laisse que des habitudes qui s’éteignent avec les annĂ©es. L’enfant doit apprendre Ă  agir d’aprĂšs des maximes dont il aperçoive lui-mĂȘme la justice. On voit aisĂ©ment qu’il est difficile de produire cet effet chez les jeunes enfants, et que la culture morale exige beaucoup de lumiĂšres de la part des parents et des maĂźtres
 Les maximes doivent sortir de l’homme mĂȘme. On doit chercher de bonne heure Ă  introduire dans les enfants par la culture morale l’idĂ©e de ce qui est bien ou mal. Si l’on veut fonder la moralitĂ©, il ne faut pas punir. La moralitĂ© est quelque chose de si sacrĂ© et de si sublime qu’on ne doit pas la rabaisser Ă  ce point et la mettre sur le mĂȘme rang que la discipline. Les premiers efforts de la culture morale doivent tendre Ă  former le caractĂšre. Le caractĂšre consiste dans l’habitude d’agir d’aprĂšs des maximes. Ce sont d’abord les maximes de l’école et plus tard celles de l’humanitĂ©. Au commencement l’enfant obĂ©it Ă  des lois. Les maximes sont aussi des lois, mais subjectives ; elles dĂ©rivent de l’entendement mĂȘme de l’homme. Aucune transgression de la loi de l’école ne doit passer impunie, mais la punition doit toujours ĂȘtre appropriĂ©e Ă  la faute
 L’obĂ©issance est avant toutes choses un trait essentiel du caractĂšre d’un enfant, particuliĂšrement d’un Ă©colier. Elle est double c’est d’abord une obĂ©issance Ă  la volontĂ© absolue de celui qui dirige ; mais c’est aussi une obĂ©issance Ă  une volontĂ© regardĂ©e comme raisonnable et bonne. L’obĂ©issance peut venir de la contrainte, et elle est alors absolue, ou bien de la confiance, et elle est alors volontaire. Cette derniĂšre est trĂšs importante, mais la premiĂšre est extrĂȘmement nĂ©cessaire, car elle prĂ©pare l’enfant Ă  l’accomplissement des lois qu’il devra exĂ©cuter plus tard comme citoyen, alors mĂȘme qu’elles ne lui plairaient pas. Les enfants doivent ĂȘtre soumis Ă  une certaine loi de nĂ©cessitĂ©. Mais cette loi doit ĂȘtre une loi et il faut l’avoir toujours en vue dans les Ă©coles. Le maĂźtre ne doit montrer aucune prĂ©dilection, aucune prĂ©fĂ©rence pour un enfant entre plusieurs. Car autrement la loi cesserait d’ĂȘtre universelle. DĂšs que l’enfant voit que tous les autres ne sont pas soumis Ă  la mĂȘme rĂšgle que lui, il devient mutin
 Toute transgression d’un ordre chez un enfant est un manque d’obĂ©issance, qui entraĂźne une punition. MĂȘme lorsque la transgression d’un ordre n’est qu’une simple nĂ©gligence, la punition n’est pas inutile. Cette punition est ou physique ou morale. La punition est morale lorsque l’on froisse notre penchant Ă  ĂȘtre honorĂ©s et aimĂ©s, cet auxiliaire de la moralitĂ©, par exemple lorsqu’on humilie l’enfant, qu’on l’accueille avec une froideur glaciale. Il faut autant que possible entretenir ce penchant. Aussi cette espĂšce de punition est elle la meilleure, car elle vient en aide Ă  la moralitĂ© ; par exemple si un enfant ment, un regard de mĂ©pris est une punition suffisante, et c’est la meilleure punition. La punition physique consiste ou bien dans le refus de ce que l’enfant dĂ©sire, ou bien dans l’application d’une certaine peine. La premiĂšre espĂšce de punition est voisine de la punition morale, et elle est nĂ©gative. Les autres punitions doivent Ăšre appliquĂ©es avec prĂ©caution, afin qu’il n’en rĂ©sulte pas des dispositions serviles indoles servilis. Il n’est pas bon de distribuer aux enfants des rĂ©compenses, cela les rend intĂ©ressĂ©s, et produit en eux des dispositions mercenaires indoles mercenaria
 Les punitions que l’on inflige avec des signes de colĂšre portent Ă  faux. Les enfants n’y voient alors que des effets de la passion d’un autre, et ne se considĂšrent eux-mĂȘmes que comme les victimes de cette passion. En gĂ©nĂ©ral il faut faire en sorte qu’ils puissent voir que les punitions qu’on lent inflige ont pour but final leur amĂ©lioration. Il est absurde d’exiger des enfants que l’on punit qu’ils vous remercient, qu’ils vous baisent les mains, etc. ; c’est vouloir en faire des ĂȘtres serviles. Lorsque, les punitions physiques sont souvent rĂ©pĂ©tĂ©es, elles font des caractĂšres intraitables ; et, lorsque les parents punissent leurs enfants pour leur Ă©goĂŻsme, ils ne font que les rendre plus Ă©goĂŻstes encore... L’obĂ©issance de l’adolescent est distincte de celle de l’enfant. Elle consiste dans la soumission aux rĂšgles du devoir. Faire quelque chose par devoir, c’est obĂ©ir Ă  la raison. C’est peine perdue que de parler de devoir aux enfants. Ils ne le voient en dĂ©finitive que comme une chose dont la transgression est suivie de la fĂ©rule. L’enfant pourrait ĂȘtre guidĂ© par ses seuls instincts ; mais, lorsqu’il grandit, il a besoin de l’idĂ©e du devoir. Aussi ne doit-on pas chercher Ă  mettre en jeu chez les enfants le sentiment de la honte, mais attendre pour cela le temps de la jeunesse. Il ne peut en effet trouver place en eux que quand l’idĂ©e de l’honneur a dĂ©jĂ  pris racine. Un second trait auquel il faut surtout s’attacher dans la formation du caractĂšre de l’enfant, c’est la vĂ©racitĂ©. C’est en effet le trait principal et l’attribut essentiel du caractĂšre. Un homme qui ment est sans caractĂšre, et s’il y a en lui quelque chose de bon, c’est qu’il le tient de son tempĂ©rament. Bien des enfants ont un penchant pour le mensonge, qui n’a souvent d’autre cause qu’une certaine vivacitĂ© d’imagination. C’est aux pĂšres Ă  prendre garde qu’ils ne s’en fassent une habitude, car les mĂšres regardent ordinairement cela comme une chose de nulle ou de mĂ©diocre importance ; elles y trouvent mĂȘme une preuve flatteuse pour elles des dispositions et des capacitĂ©s supĂ©rieures de leurs enfants. C’est ici le lieu de faire usage du sentiment de la honte, car l’enfant le comprend trĂšs bien dans ce cas. La rougeur de la honte nous trahit quand nous mentons, mais elle n’est pas toujours une preuve de mensonge. On rougit souvent de l’effronterie avec laquelle un autre nous accuse d’une faute. On ne doit Ă  aucun prix chercher Ă  arracher la vĂ©ritĂ© aux enfants par des punitions, dĂ» leur mensonge entraĂźner aprĂšs soi quelque dommage ; ils seront punis alors pour ce dommage. La perte de l’estime est la seule punition qui convienne au mensonge. Les punitions peuvent aussi se diviser en nĂ©gatives et positives. Les premiĂšres s’appliqueraient Ă  la paresse ou au manque de moralitĂ© ou au moins de politesse, comme le mensonge, le dĂ©faut de complaisance, l’insociabilitĂ©. Les punitions positives sont pour la mĂ©chancetĂ©. Avant toutes choses il faut Ă©viter de garder rancune aux enfants. Un troisiĂšme trait du caractĂšre de l’enfant, c’est la sociabilitĂ©. Il doit mĂȘme entretenir avec les autres des relations d’amitiĂ© et ne pas toujours vivre pour lui seul. Bien des maĂźtres sont, il est vrai, contraires Ă  cette idĂ©e ; mais cela est trĂšs injuste. Les enfants doivent se prĂ©parer ainsi Ă  la plus douce de toutes les jouissances de la vie. De leur cĂŽtĂ©, les maĂźtres ne doivent prĂ©fĂ©rer aucun d’entre eux pour ses talents, mais seulement pour son caractĂšre ; autrement il en rĂ©sulterait une jalousie qui serait contraire Ă  l’amitiĂ©. Les enfants doivent aussi ĂȘtre candides, et leurs regards doivent ĂȘtre aussi sereins que le soleil. Un cƓur content est seul capable de trouver du plaisir dans le bien. Toute religion qui assombrit l’homme est fausse, car il doit servir Dieu avec plaisir et non par contrainte... Les enfants ne doivent ĂȘtre instruits que des choses qui conviennent Ă  leur Ăąge... Il est intolĂ©rable de voir un enfant vouloir suivre dĂ©jĂ  toutes les modes, par exemple se faire friser, porter des bagues et mĂȘme une tabatiĂšre. Il devient ainsi un ĂȘtre affectĂ© qui ne ressemble guĂšre Ă  un enfant. C’est pourquoi aussi il faut lutter de bonne heure chez lui contre la vanitĂ©, ou plutĂŽt ne pas lui donner l’occasion de devenir vain. C’est ce qui arrive, lorsque l’on n’a rien de plus pressĂ© que de rĂ©pĂ©ter aux enfants qu’ils sont beaux, que telle ou telle parure leur sied Ă  merveille, ou qu’on leur promet et leur donne cette parure comme une rĂ©compense. La parure ne convient pas Ă  des enfants. Ils ne doivent regarder leurs habillements bons ou mauvais que comme des besoins indispensables. Mais aussi les parents ne doivent y attacher pour eux-mĂȘmes aucun prix, et Ă©viter de se mirer devant eux ; car ici, comme partout, l’exemple est tout-puissant, et fortifie ou dĂ©truit les bonnes doctrines. B - DE L’ÉDUCATION PRATIQUE L’éducation pratique comprend 1° l’habiletĂ© ; 2° la prudence ; 3° la moralitĂ©. Pour ce qui est de l’habiletĂ©, il faut veiller Ă  ce qu’elle soit solide et non pas fugitive. On ne doit pas avoir l’air de possĂ©der la connaissance de choses que l’on ne peut pas ensuite rĂ©aliser. La soliditĂ© doit ĂȘtre la qualitĂ© de l’habiletĂ© et tourner insensiblement en habitude dans l’esprit. C’est le point essentiel du caractĂšre d’un homme. L’habiletĂ© est nĂ©cessaire au talent. Pour ce qui est de la prudence, elle consiste dans l’art d’appliquer notre habiletĂ© Ă  l’homme, c’est Ă  dire de nous servir des hommes pour nos propres fins. Pour l’acquĂ©rir, bien des conditions sont nĂ©cessaires. C’est proprement la derniĂšre chose dans l’homme, mais par son prix elle occupe le second rang. Pour qu’un enfant puisse se livrer Ă  la prudence, il faut qu’il se rende cachĂ© et impĂ©nĂ©trable, tout en sachant pĂ©nĂ©trer les autres. C’est surtout sous le rapport du caractĂšre qu’il doit ĂȘtre cachĂ©. L’art de l’apparence extĂ©rieure est la convenance. Et c’est un art, qu’il faut possĂ©der. Il est difficile de pĂ©nĂ©trer les autres, mais on doit nĂ©cessairement comprendre l’art de se rendre soi-mĂȘme impĂ©nĂ©trable. Il faut pour cela dissimuler, c’est-Ă -dire cacher ses fautes Dissimuler n’est pas toujours feindre et peut ĂȘtre parfois permis, mais cela touche de prĂšs Ă  l’immoralitĂ©. La dissimulation est un moyen dĂ©sespĂ©rĂ©. La prudence exige, que l’on ne montre pas trop de fougue, mais il ne faut pas non plus ĂȘtre trop indolent. On ne doit donc pas ĂȘtre emportĂ©, mais vif, ce qui n’est pas la mĂȘme chose. Un homme vif strenuus est celui qui a du plaisir Ă  vouloir. Il s’agit ici de la modĂ©ration de l’affection La prudence concerne le tempĂ©rament. La moralitĂ© concerne le caractĂšre. Sustine et abstine supporte et abstiens-toi, tel est le moyen de se prĂ©parer Ă  une sage modĂ©ration. Si l’on veut former un bon caractĂšre, il faut commencer par Ă©carter les passions. L’homme doit Ă  l’endroit de ses penchants prendre l’habitude de ne pas les laisser dĂ©gĂ©nĂ©rer en passions, et apprendre Ă  se passer de ce qui lui est refusĂ©. Sustine signifie supporte et accoutume-toi Ă  supporter
 La chose la plus importante est de fonder le caractĂšre. Le caractĂšre consiste dans la fermetĂ© de rĂ©solution avec laquelle on veut faire quelque chose, et on le met rĂ©ellement Ă  exĂ©cution. Vir propositi tenax un homme ferme dans ses desseins, dit Horace, et c’est lĂ  le bon caractĂšre. Ai-je, par exemple, promis quelque chose, je dois tenir ma promesse, quelque inconvĂ©nient qui en puisse rĂ©sulter pour moi. En effet un homme qui prend une certaine rĂ©solution et qui ne l’exĂ©cute pas, ne peut plus se fier Ă  lui-mĂȘme. Si, par exemple, ayant pris la rĂ©solution de me lever tous les jours de bonne heure pour Ă©tudier, ou pour faire ceci ou cela, ou pour me promener, je m’excuse ensuite, au printemps, sur ce qu’il fait encore trop froid le matin et que cela pourrait m’ĂȘtre contraire ; en Ă©tĂ©, sur ce qu’il est bon de dormir et que le sommeil m’est alors particuliĂšrement agrĂ©able ; et si je remets ainsi de jour en jour l’exĂ©cution de ma rĂ©solution, je finis par perdre toute confiance en moi-mĂȘme
 Si l’on veut fonder dans les enfants un caractĂšre moral, il importe de ne pas perdre de vue les observations suivantes Il faut leur indiquer, autant que possible, par des exemples et des rĂšglements les devoirs qu’ils ont Ă  remplir. Les devoirs que les enfants ont Ă  remplir ne sont autres que les devoirs ordinaires envers soi-mĂȘme et envers les autres. Ces devoirs doivent donc ĂȘtre tirĂ©s de la nature des choses. Nous devons donc considĂ©rer ici de plus prĂšs a Les devoirs envers soi-mĂȘme. Ils ne consistent pas Ă  se procurer un habillement magnifique, Ă  donner de splendides repas, etc., quoique dans l’habillement et dans les repas il faille rechercher la propretĂ©. Ils ne consistent pas non plus Ă  chercher Ă  satisfaire ses dĂ©sirs et ses penchants, car on doit au contraire se montrer trĂšs mesurĂ© et trĂšs rĂ©servĂ©, mais Ă  conserver dans son intĂ©rieur une certaine dignitĂ©, celle qui fait de l’homme une crĂ©ature plus noble que toutes les autres. C’est en effet le devoir de l’homme de ne pas mĂ©connaĂźtre dans sa propre personne cette dignitĂ© de l’humanitĂ©. Or nous oublions cette dignitĂ© quand, par exemple, nous nous adonnons Ă  la boisson, quand nous nous livrons Ă  des vices contre nature, quand nous nous jetons dans toutes sortes de dĂ©rĂšglements, etc., toutes choses qui ravalent l’homme bien au-dessous de l’animal. Il n’est pas moins contraire Ă  la dignitĂ© de l’humanitĂ© de ramper devant les autres, ou de les accabler de compliments, dans l’espoir de capter leurs bonnes grĂąces par une si indigne conduite. On devrait rendre la dignitĂ© humaine sensible Ă  l’enfant dans sa propre personne, par exemple dans le cas de malpropretĂ©, qui Ă  tout le moins messied Ă  l’humanitĂ©. Mais c’est par le mensonge que l’enfant se rabaisse rĂ©ellement au-dessous de la dignitĂ© humaine, car il suppose dĂ©jĂ  dĂ©veloppĂ©e en lui la facultĂ© de penser et celle de communiquer aux autres ses pensĂ©es. Le mensonge fait de l’homme un objet de mĂ©pris gĂ©nĂ©ral, et il lui enlĂšve Ă  ses propres yeux l’estime et la confiance que chacun devrait avoir a l’égard de soi-mĂȘme. b Les devoirs envers autrui. On doit inculquer de trĂšs bonne heure Ă  l’enfant le respect des droits de l’homme, et veiller Ă  ce qu’il le mette en pratique. Si, par exemple, un enfant rencontre un autre enfant pauvre et qu’il le repousse fiĂšrement de son chemin, ou qu’il lui donne un coup, on ne doit pas lui dire Ne fais pas cela, cela fait mal Ă  cet enfant ; sois donc compatissant, c’est un pauvre enfant, etc. », mais il faut le traiter Ă  son tour avec la fiertĂ© et lui faire vivement sentir combien sa conduite est contraire au droit de l’humanitĂ©. Pour ce qui est de la gĂ©nĂ©rositĂ©, les enfants n’en ont pas du tout. C’est ce dont on peut se convaincre, par exemple, lorsque des parents commandent Ă  leur enfant de donner Ă  un autre la moitiĂ© de sa tartine, sans lui en promettre une autre ou il n’obĂ©it pas, ou s’il le fait par hasard, ce n’est qu’à contrecƓur. On ne saurait guĂšre d’ailleurs parler aux enfants de gĂ©nĂ©rositĂ©, puisqu’ils n’ont encore rien Ă  eux. Beaucoup d’auteur ont tout Ă  fait omis ou ont mal compris, comme Crugott, la section de la morale qui contient la doctrine des devoirs envers soi-mĂȘme Le devoir envers soi-mĂȘme consiste comme il a Ă©tĂ© dit, Ă  conserver la dignitĂ© de l’humanitĂ© dans sa propre personne. L’homme se censure, en fixant ses regards sur l’idĂ©e de l’humanitĂ©. Il trouve dans cette idĂ©e un original auquel il se compare. Lorsque le nombre des annĂ©es augmente et que le goĂ»t du sexe commence Ă  se dĂ©velopper, c’est alors le moment critique, et l’idĂ©e de la dignitĂ© humaine est seule capable de retenir le jeune homme dans les bornes. Il faut l’avertir de bonne heure de se mĂ©fier de ceci ou de cela. Nos Ă©coles manquent presque entiĂšrement d’une chose qui serait cependant fort utile pour former les enfants Ă  la loyautĂ©, je veux dire un catĂ©chisme du droit. Il devrait contenir, sous une forme populaire, des cas concernant la conduite Ă  tenir dans la vie ordinaire, et qui amĂšneraient toujours naturellement cette question cela est-il juste ou non ? Si, par exemple, quelqu’un, qui doit payer aujourd’hui son crĂ©ancier, se laisse toucher par la vue d’un malheureux et lui donne la somme dont il est redevable et qu’il devrait payer, cela est-il juste ou non ? Non, cela est injuste, car il faut ĂȘtre libre de toute dette pour pouvoir pratiquer la bienfaisance. En donnant de l’argent Ă  un pauvre, je fais une chose mĂ©ritoire ; mais en payant ma dette je ne fais que ce que je dois. On demanderait en outre si la nĂ©cessitĂ© peut justifier le mensonge. Non ! on ne saurait concevoir un seul cas oĂč il peut ĂȘtre excusĂ©, du moins devant les enfants, qui autrement prendraient la plus petite chose pour une nĂ©cessitĂ© et se permettraient souvent de mentir. S’il y avait un livre de ce genre, on pourrait y consacrer fort utilement une heure par jour, afin d’apprendre aux enfants Ă  connaĂźtre et Ă  prendre Ă  cƓur le droit des hommes, cette prunelle de Dieu sur la terre. Quant Ă  l’obligation d’ĂȘtre bienfaisant, ce n’est qu’une obligation imparfaite. Il faut moins amollir qu’éveiller le cƓur des enfants pour le rendre sensible au sort d’autrui. Qu’il soit plein, non de sentiment, mais de l’idĂ©e du devoir. Beaucoup de personnes sont devenues rĂ©ellement impitoyable parce que, s’étant montrĂ©es autrefois compatissantes, elles s’étaient souvent vu tromper. Il est inutile de vouloir faire sentir Ă  un enfant le cĂŽtĂ© mĂ©ritoire des actions. Les prĂȘtres commettent trĂšs souvent la faute de prĂ©senter les actes de bienfaisance comme quelque chose de mĂ©ritoire. Sans reprĂ©senter que nous ne pouvons jamais faire Ă  l’égard de Dieu que ce que nous devons, on peut dire que nous ne faisons aussi que notre devoir en faisant du bien aux pauvres. En effet, l’inĂ©galitĂ© du bien-ĂȘtre des hommes ne vient que de circonstances accidentelles. Si donc je possĂšde de la fortune, je ne la dois qu’au hasard des circonstances qui m’a Ă©tĂ© favorable Ă  moi-mĂȘme ou Ă  celui qui m’a prĂ©cĂ©dĂ©, et je n’en dois pas moins tenir compte du tout dont je fais partie. On excite l’envie dans un enfant, en l’accoutumant Ă  s’estimer d’aprĂšs la valeur des autres. Il doit s’estimer au contraire d’aprĂšs les idĂ©es de sa raison. Aussi l’humilitĂ© n’est-elle proprement autre chose qu’une comparaison de sa valeur avec la perfection morale. Ainsi, par exemple, la religion chrĂ©tienne, en ordonnant aux hommes de se comparer au souverain modĂšle de la perfection, les rend plutĂŽt humbles qu’elle ne leur enseigne l’humilitĂ©. Il est trĂšs absurde de faire consister l’humilitĂ© Ă  s’estimer moins que d’autres. - Vois comme tel ou tel enfant se conduit ! etc. Parler ainsi aux enfants n’est pas le moyen de leur inspirer de nobles sentiments. Quand l’homme estime sa valeur d’aprĂšs les autres, il cherche, ou bien Ă  s’élever au-dessus d’eux, ou bien Ă  les rabaisser. Ce dernier cas est l’envie. On ne songe alors qu’à mettre sur le compte des autres toutes sortes de dĂ©fauts ; car, s’ils n’étaient pas lĂ , on n’aurait point de comparaison Ă  craindre entre eux et soi, et l’on serait le meilleur. L’esprit d’émulation mal appliquĂ© ne produit que l’envie. Le cas oĂč l’émulation pourrait servir Ă  quelque chose serait celui ou l’on voudrait persuader Ă  quelqu’un qu’une chose est praticable, comme, par exemple, quand j’exige d’un enfant une certaine tĂąche et que je lui montre que les autres ont pu la remplir. On ne doit en aucune maniĂšre permettre Ă  un enfant d’humilier les autres. Il faut chercher Ă  Ă©carter toute fiertĂ© qui n’aurait d’autre motif que les avantages de la fortune. Mais il faut chercher en mĂȘme temps Ă  fonder la franchise. C’est une confiance modeste en soi-mĂȘme. Elle met l’homme en Ă©tat de montrer tous ses talents d’une maniĂšre convenable. Il faut bien la distinguer de l’insolence, qui consiste dans l’indiffĂ©rence Ă  l’égard du jugement d’autrui. Tous les dĂ©sirs de l’homme sont ou formels libertĂ© et pouvoir, ou matĂ©riels relatifs Ă  un objet ; ce sont des dĂ©sirs d’opinion ou de jouissance ; ou bien enfin ils se rapportent Ă  la seule durĂ©e de ces deux choses, comme Ă©lĂ©ments du bonheur. Les dĂ©sirs de la premiĂšre espĂšce sont le dĂ©sir des honneurs, celui du pouvoir et celui des richesses. Les dĂ©sirs de la seconde sont ceux de la jouissance du sexe ou de la voluptĂ©, de celle des choses ou du bien-ĂȘtre et de celles de la sociĂ©tĂ© ou de la conversation. Les dĂ©sirs de la troisiĂšme espĂšce enfin sont l’amour de la vie, de la santĂ©, de l’aisance le dĂ©sir d’ĂȘtre exempt de soucis dans l’avenir. Les vices sont ou de mĂ©chancetĂ©, ou de bassesse, ou d’étroitesse d’esprit. A ceux de la premiĂšre espĂšce appartiennent l’envie, l’ingratitude et la joie causĂ©e par le malheur d’autrui ; Ă  ceux de la seconde, l’injustice, l’infidĂ©litĂ© la faussetĂ©, le dĂ©rĂšglement, soit dans la dissipation de ses biens, soit dans celle de la santĂ© intempĂ©rance et de l’honneur. Les vices de la troisiĂšme espĂšce sont la duretĂ© du cƓur, l’avarice, la paresse la mollesse. Les vertus sont de pur mĂ©rite, ou d’obligation stricte ou d’innocence. Aux premiĂšres appartiennent la grandeur d’ñme qui consiste Ă  se vaincre soi-mĂȘme, soit dans la colĂšre, soit dans l’amour du bien-ĂȘtre, soit dans celui des richesses, la bienfaisance, la domination de soi-mĂȘme ; aux secondes, la loyautĂ©, la biensĂ©ance et la douceur ; aux troisiĂšmes enfin, la bonne foi, la modestie et la tempĂ©rance. C’est une question si l’homme est par sa nature moralement bon ou mauvais. Je rĂ©ponds qu’il n’est ni l’un ni l’autre, car il n’est pas naturellement un ĂȘtre moral ; il ne le devient que quand il Ă©lĂšve sa raison jusqu’aux idĂ©es du devoir et de la loi. On peut dire cependant qu’il a en lui originairement des penchants pour tous les vices, car il a des inclinations et des instincts qui le poussent d’un cĂŽtĂ©, tandis que sa raison le pousse d’un autre. Il ne saurait donc devenir moralement bon qu’au moyen de la vertu, c’est-Ă -dire d’une contrainte exercĂ©e sur lui-mĂȘme, quoiqu’il puisse ĂȘtre innocent tant que ses passions sommeillent. Les vices rĂ©sultent pour la plupart de ce que l’état de civilisation fait violence Ă  la nature, et pourtant notre destination comme hommes est de sortir du pur Ă©tat de nature oĂč nous ne sommes que comme des animaux. L’art parfait retourne Ă  la nature. Tout dans l’éducation dĂ©pend d’une chose c’est que l’on Ă©tablisse partout les bons principes, et que l’on sache les faire comprendre et admettre par les enfants. Ils doivent apprendre Ă  substituer l’horreur de ce qui est rĂ©voltant ou absurde Ă  celle de la haine, la crainte de leur propre conscience Ă  celle des hommes et des chĂątiments divins, l’estime d’eux-mĂȘmes et la dignitĂ© intĂ©rieure Ă  l’opinion d’autrui, la valeur intĂ©rieure des actions Ă  celles des mots et la conduite aux mouvements du cƓur, l’intelligence au sentiment, enfin une piĂ©tĂ© sereine et de bonne humeur Ă  une dĂ©votion chagrine, sombre et sauvage. Mais il faut avant tout prĂ©server les enfants contre le danger d’estimer beaucoup trop haut les mĂ©rites de la fortune merita fortunae. Si l’on examine l’éducation des enfants dans son rapport avec la religion, la premiĂšre question est de savoir s’il est possible d’inculquer de bonne heure aux enfants des idĂ©es religieuses. C’est un point de pĂ©dagogie sur lequel on a beaucoup disputĂ©... Le meilleur moyen de rendre d’abord claire l’idĂ©e de Dieu, ce serait d’y chercher une analogie dans celle d’un pĂšre de famille sous la surveillance duquel nous serions placĂ©s ; on arrive ainsi trĂšs heureusement Ă  concevoir l’unitĂ© des hommes qu’on se reprĂ©sente comme formant une seule famille. Qu’est-ce donc que la religion ? La religion est la loi qui rĂ©side en nous en tant qu’elle reçoit son influence sur nous d’un lĂ©gislateur et d’un juge ; c’est la morale appliquĂ©e Ă  la connaissance de Dieu. Quand on n’unit pas la religion Ă  la moralitĂ© elle n’est plus qu’une maniĂšre de solliciter la faveur cĂ©leste. Les cantiques, les priĂšres, la frĂ©quentation des Ă©glises, toutes ces choses ne doivent servir qu’à donner Ă  l’homme de nouvelles forces et un nouveau courage pour travailler Ă  son amĂ©lioration ; elles ne doivent ĂȘtre que l’expression d’un cƓur animĂ© par l’idĂ©e du devoir. Ce ne sont que des prĂ©parations aux bonnes oeuvres, et l’on ne peut plaire Ă  l’ĂȘtre suprĂȘme qu’en devenant meilleur. Il faut avec les enfants commencer par la loi qu’ils portent en eux. L’homme est mĂ©prisable Ă  ses propres yeux quand il tombe dans le vice. Ce mĂ©pris a son principe en lui-mĂȘme, et non dans cette considĂ©ration que Dieu a dĂ©fendu le mal ; car il n’est pas nĂ©cessaire que le lĂ©gislateur soit en mĂȘme temps l’auteur de la loi. C’est ainsi qu’un prince peut dĂ©fendre le vol dans ses États sans qu’on puisse le considĂ©rer pour cela comme l’auteur de la dĂ©fense du vol. L’homme apprend par lĂ  Ă  reconnaĂźtre que sa bonne conduite seule peut le rendre digne du bonheur. La loi divine doit paraĂźtre en mĂȘme temps comme une loi naturelle, car elle n’est pas volontaire. La religion rentre donc dans la moralitĂ©. Mais il ne faut pas commencer par la thĂ©ologie. La religion, qui est fondĂ©e simplement sur la thĂ©ologie, ne saurait contenir quelque chose de moral. On n’y aura d’autres sentiments que celui de la crainte, d’une part, et l’espoir de la rĂ©compense de l’autre, ce qui ne produira qu’un culte superstitieux. Il faut donc que la moralitĂ© prĂ©cĂšde et que la thĂ©ologie la suive, et c’est lĂ  ce qui s’appelle la religion. La loi considĂ©rĂ©e en nous s’appelle la conscience. La conscience est proprement l’application de nos actions Ă  cette loi. Les reproches de la conscience resteront sans effet, si on ne les considĂšre pas comme les reprĂ©sentants de Dieu, dont le siĂšge sublime est bien Ă©levĂ© au-dessus de nous et qui a aussi Ă©tabli en nous un tribunal. Mais d’un autre cĂŽtĂ©, quand la religion ne se joint pas Ă  la conscience morale, elle est aussi sans effet. Comme on l’a dĂ©jĂ  dit, la religion, sans la conscience morale, est un culte superstitieux. On pense servir Dieu en le louant, par exemple, en cĂ©lĂ©brant sa puissance, sa sagesse, sans songer Ă  remplir les lois divines, sans mĂȘme connaĂźtre cette sagesse et cette puissance et sans les Ă©tudier. On cherche dans ces louanges comme un narcotique pour sa conscience, ou comme un oreiller sur lequel on espĂšre reposer tranquillement. Les enfants ne sauraient comprendre toutes les idĂ©es religieuses, mais on peut cependant leur en inculquer quelques unes ; seulement elles doivent ĂȘtre plutĂŽt nĂ©gatives que positives. Il est inutile de leur faire rĂ©citer des formules, et mĂȘme cela ne peut que leur donner une fausse idĂ©e de la piĂ©tĂ©. La vraie maniĂšre d’honorer Dieu, c’est d’agir suivant la volontĂ© de Dieu, et c’est lĂ  ce qu’il faut enseigner aux enfants... L’enfant doit apprendre Ă  sentir du respect pour Dieu, d’abord comme maĂźtre de sa vie et du monde entier, ensuite comme protecteur des hommes, et enfin comme leur juge. On dit que Newton se recueillait toujours un moment quand il prononçait le nom de Dieu. En Ă©claircissant Ă  la fois dans l’esprit de l’enfant l’idĂ©e de Dieu et celle du devoir, on lui apprend Ă  mieux respecter les soins que Dieu a pris Ă  l’égard de ses crĂ©atures, et on le prĂ©serve contre ce penchant Ă  la destruction et Ă  la cruautĂ©, qui se plait de tant de façons Ă  tourmenter les petits animaux. On devrait en mĂȘme temps instruire la jeunesse Ă  dĂ©couvrir le bien dans le mal, en lui montrant, par exemple, dans les animaux de proie et dans les insectes des modĂšles de propretĂ© et d’activitĂ©. Ils rappellent aux hommes mĂ©chants le respect de la loi. Les oiseaux qui poursuivent les vers sont les dĂ©fenseurs des jardins, etc. Il faut donc inculquer aux enfants quelques idĂ©es de l’Être suprĂȘme, afin que, lorsqu’ils voient les autres prier, etc., ils puissent savoir pour qui et pour quoi on agit ainsi. Mais ces idĂ©es ne doivent ĂȘtre que trĂšs peu nombreuses. Il faut commencer dĂšs la premiĂšre jeunesse Ă  les leur inculquer, mais en mĂȘme temps il faut prendre garde qu’ils n’estiment les hommes d’aprĂšs la pratique de leur religion ; car, malgrĂ© la diversitĂ© des religions, il y a partout unitĂ© de religion
 Il faut accoutumer le jeune homme Ă  s’estimer absolument et non d’aprĂšs les autres. L’estime d’autrui, dans tout ce qui ne constitue nullement la valeur de l’homme, est affaire de vanitĂ©. Il faut en outre lui enseigner Ă  avoir de la conscience en toute chose, et Ă  s’efforcer non seulement de paraĂźtre mais d’ĂȘtre. Habituez-le Ă  veiller Ă  ce que, dans aucune circonstance oĂč il a une fois pris sa rĂ©solution elle ne devienne une vaine rĂ©solution ; il vaudrait mieux n’en prendre aucune, et laisser la chose en suspens ; enseignez lui la modĂ©ration Ă  l’endroit des circonstances extĂ©rieures et la patience dans les travaux sustine et abstine ;enseignez-lui aussi la modĂ©ration dans les plaisirs. Quand on ne dĂ©sire pas seulement des plaisirs, mais qu’on sait aussi ĂȘtre patient dans le travail, on devient un membre utile de la communautĂ© et on se prĂ©serve de l’ennui. Il faut de plus instruire le jeune homme Ă  se montrer enjouĂ© et de bonne humeur. La sĂ©rĂ©nitĂ© du cƓur rĂ©sulte naturellement d’une conscience sans reproche. Recommandez-lui l’égalitĂ© d’humeur. On peut arriver par l’usage Ă  se montrer toujours de bonne humeur en sociĂ©tĂ©. On doit s’accoutumer Ă  considĂ©rer beaucoup de choses comme des devoirs. Une action doit m’ĂȘtre prĂ©cieuse, non parce qu’elle s’accorde avec mon penchant, mais parce que je remplis mon devoir en la faisant. Il faut dĂ©velopper l’amour d’autrui et ensuite tous les sentiments cosmopolites. Il y a dans notre Ăąme quelque chose qui fait que nous nous intĂ©ressons 1° Ă  notre moi ; 2° Ă  ceux avec lesquels nous avons Ă©tĂ© Ă©levĂ©s ; et 3° mĂȘme au bien du monde. Il faut rendre cet intĂ©rĂȘt familier aux enfants, et faire qu’il Ă©chauffe leurs Ăąmes. Ils doivent se rĂ©jouir du bien du monde, encore que ce ne soit pas l’avantage de leur patrie ou leur propre avantage. Il faut les exercer Ă  n’attacher qu’une mĂ©diocre valeur Ă  la jouissance des plaisirs de la vie. On Ă©cartera ainsi la crainte puĂ©rile de la mort. Il faut montrer aux jeunes gens que la jouissance ne tient pas ce qu’elle promet. Il faut enfin appeler leur attention sur la nĂ©cessitĂ© de rĂ©gler chaque jour leur propre compte, afin de pouvoir faire Ă  la fin de leur vie une estimation de la valeur acquise.

action faite de soi meme sans reflexion